Génocide rwandais: les proches de Léon Mugesera craignent pour sa santé

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LEON MUGESERA RWANDA
AFP/Getty Images

Plus de trois mois après avoir été expulsé du Canada vers le Rwanda pour y être traduit devant la justice, les membres de la famille de Léon Mugesera s'inquiètent pour sa santé et sa survie.

L'ex-politicien rwandais est accusé de planification et d'incitation au génocide et de distribution d'armes pour un discours qu'il a tenu en 1992.

Léon Mugesera s'est présenté en cour mardi, à Kigali, pour son enquête sur remise en liberté. Elle a cependant été reportée en raison de son état de santé. Sa fille, Carmen Nono, affirme qu'il est maltraité.

La famille de Léon Mugesera clame son innocence et demande qu'il soit rapatrié au Canada pour être jugé. Carmen Nono est convaincue que son père n'aura pas droit à un procès juste et équitable s'il reste à Kigali.

Les propos de Mme Nono font cependant bondir des membres de la communauté rwandaise de Québec, qui souhaitent que Leon Mugesera soit jugé dans son pays natal. C'est le cas de Joachim Mutezintare.

« Ils ont trois repas par jour. C'est une prison internationale. Je suis complètement estomaqué d'entendre ces choses-là », affirme-t-il, faisant référence aux propos de Mme Nono au sujet de son père qui serait maltraité.

Certains Rwandais d'ici qui ont perdu des proches dans le génocide de 1994 rappellent que le Rwanda s'est engagé à offrir à Léon Mugesera un procès équitable. « On a déjà vu des gens qui étaient accusés de crimes plus graves que lui qui ont été acquittés dans le passé », dit Jean-Paul Niyilinkwaya, un Rwandais habitant à Québec.

« Comment pourrait-il être jugé dans un autre pays qui ignore le contexte? », affirme quant à lui Joachim Mutezintare.

De son côté, la famille de Léon Mugesera estime qu'un procès au Rwanda équivaut à une condamnation à vie.

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