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Le président algérien pour une "lecture objective" du passé avec la France

08/05/2012 09:21 EDT | Actualisé 08/07/2012 05:12 EDT

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a estimé mardi que "seule une lecture objective de l'Histoire" permettra à la France et à l'Algérie "de transcender les séquelles du passé douloureux", deux jours après l'élection en France du socialiste François Hollande à la présidence.

"Seule une lecture objective de l'histoire, loin des guerres de mémoire et des enjeux conjoncturels, est à même d'aider les deux parties à transcender les séquelles du passé douloureux pour aller vers un avenir où règnent confiance, compréhension, respect mutuel et partenariat bénéfique", a déclaré le président.

Il s'exprimait lors des commémorations du 67e anniversaire du massacre de nationalistes algériens à Sétif, suivi peu après de ceux de Guelma et Kherrata (est), qui ont fait 45.000 morts selon Alger.

M. Bouteflika a rappelé que son pays recherchait des relations "d'amitié et de coopération fructueuse" avec les différents pays du monde et à leur tête la France, en dépit du "lourd tribut versé par le peuple algérien pour sa liberté et sa dignité".

Le chef de l'Etat faisait référence notamment à la guerre de libération de près de huit ans qui a fait des dizaines de milliers de victimes.

L'Algérie fête cette année ses 50 ans d'indépendance de la France restée sur cette terre 132 ans.

Le chef d'Etat algérien a évoqué des relations fondées "sur des intérêts communs" et sur la "foi" de son pays "en la nécessité de faire de la Mer méditerranée un espace de paix et de bien commun entre les peuples de la région".

Il a également évoqué pour ces peuples une "aspiration à un ordre international plus équitable, plus solidaire et plus tolérant".

Dans une tribune publiée le 19 mars dernier dans le quotidien francophone algérien El-Watan, M. Hollande avait écrit qu'"entre une repentance jamais formulée et un oubli forcément coupable, il y a place pour un regard lucide, responsable sur notre passé colonial et un élan confiant vers l'avenir".

"Nous le devons à nos aînés pour que leurs mémoires soient enfin apaisées. Nous le devons à notre jeunesse, car le travail de la mémoire ne vaut que s'il est aussi une promesse d'avenir", avait-il encore écrit.

L'ensemble de la presse algérienne applaudit depuis deux jours son élection à la présidence française.

Le secrétaire général du parti présidentiel FLN Abdelaziz Belkhadem affirmait la semaine dernière à l'AFP sa conviction qu'une élection de Hollande changera de manière positive les relations des deux deux pays.

bmk/cpy

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