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Israël: Nétanyahou s'entend avec Kadima et annule les élections anticipées

08/05/2012 11:25 EDT | Actualisé 08/07/2012 05:12 EDT

JÉRUSALEM - Il n'y aura finalement pas d'élections anticipées en Israël. Le projet a été enterré du jour au lendemain, le principal parti de l'opposition, Kadima, ayant accepté dans la nuit de lundi à mardi d'entrer dans le gouvernement conservateur de Benyamin Nétanyahou.

Après l'accord conclu avec le parti centriste, le premier ministre israélien a présenté mardi sa nouvelle coalition, l'une des plus larges de l'histoire d'Israël, forte de 94 des 120 sièges de la Knesset. Un coup de théâtre qui a surpris le pays, alors que la veille seulement, M. Nétanyahou avait proposé d'organiser des élections générales anticipées le 4 septembre.

Benyamin Nétanyahou et le chef de Kadima, Shaul Mofaz, sont apparus côte à côte mardi pour une conférence de presse, expliquant que leur alliance allait apporter de la stabilité à la politique israélienne. Les deux hommes ont promis une coopération étroite sur la question de l'Iran et espéré une reprise des pourparlers de paix avec les Palestiniens, même si les signes de leurs divergences sur ce conflit ont rapidement affleuré.

La participation de Kadima, le parti le plus représenté à la Knesset avec 28 sièges, devrait apporter une touche de modération au gouvernement de Benyamin Nétanyahou, qui reposait jusqu'à présent sur une coalition de la droite dure.

Cette coalition, au pouvoir depuis mars 2009, s'était montrée remarquablement stable jusqu'à ces dernières semaines. Mais elle s'est retrouvée rongée par les divisions, notamment sur les décisions de justice ordonnant la démolition de deux colonies illégales en Cisjordanie et sur la fin des exemptions de service militaire pour des dizaines de milliers de jeunes ultra-orthodoxes.

Faute d'avoir pu résoudre ces différends, Benyamin Nétanyahou avait annoncé lundi qu'il comptait proposer la tenue d'élections générales anticipées pour septembre, soit plus d'un an avant la date prévue.

«J'étais prêt à aller aux urnes», a expliqué Benyamin Nétayahou. «Mais quand j'ai découvert qu'un très large gouvernement pouvait être formé (...), j'ai réalisé qu'il était possible de restaurer la stabilité. C'est pourquoi j'ai décidé de former un large gouvernement d'unité nationale.»

Il a défini quatre priorités pour la nouvelle coalition: mettre fin aux exemptions controversées du service militaire, réformer le système politique du pays qui favorise l'instabilité, protéger l'économie et promouvoir un processus de paix «responsable» avec les Palestiniens.

Les pourparlers israélo-palestiniens sont au point mort depuis plus de trois ans, principalement à cause de la politique israélienne de constructions dans les implantations juives de Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

L'Autorité palestinienne continue de réclamer le gel de ces constructions avant de reprendre les discussions. Mardi, Benyamin Nétanyahou a de nouveau appelé le président palestinien, Mahmoud Abbas, à revenir à la table des négociations sans conditions préalables.

«J'espère que le président Abbas saisira cette occasion», a-t-il déclaré, sans dire s'il est prêt à envisager un moratoire sur les constructions dans les colonies.

Shaul Mofaz a laissé entendre qu'il comptait présenter de nouvelles idées à Benyamin Nétanyahou. Par le passé, il a suggéré de conclure un accord d'étape avec les Palestiniens pour régler les questions de frontières et de sécurité avant de parvenir à un accord définitif.

Benyamin Nétanyahou a aussi promis d'avoir avec Shaul Mofaz des discussions «sérieuses et responsables» sur l'Iran. Le premier ministre israélien a déjà laissé entendre que l'État hébreu serait prêt à frapper les installations nucléaires iraniennes s'il se sent menacé.

Shaul Mofaz, ancien chef d'état-major de l'armée israélienne et ex-ministre de la Défense, a déjà exprimé son opposition à une frappe contre l'Iran, même s'il a déjà admis dans le passé avoir changé de position sur des questions cruciales.

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