NOUVELLES

Avenir de l'usine de La Pocatière: Bombardier Transport se fait rassurant

08/05/2012 03:37 EDT | Actualisé 08/07/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le président de Bombardier Transport, André Navarri, a voulu se faire rassurant mardi quant à l'avenir de l'usine de La Pocatière, tout en admettant que l'«équation est difficile».

À l'issue d'un discours prononcé devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, M. Navarri a martelé que Bombardier s'est toujours battu pour l'usine de La Pocatière, berceau de la division ferroviaire de Bombardier (TSX:BBD.B).

«Personne ne peut nous reprocher de ne pas avoir soutenu et privilégié le Québec dans nos choix», a déclaré le dirigeant.

«Je pense qu'il faut rester optimiste et faire confiance à la direction de Bombardier sur sa capacité à rester leader», a-t-il ajouté.

André Navarri a cependant souligné que pour remporter des contrats, Bombardier doit constamment adapter ses façons de faire, question de demeurer concurrentiel.

«Si nous nous figeons sur des schémas qui ne nous permettent pas de gagner des contrats, tout le monde est perdant, a-t-il dit. Je pense que ce que nous essayons de faire à tout moment, c'est de trouver le bon équilibre qui permette à chacun d'avoir un avenir et à tous de réussir.»

Il a expliqué que la raison pour laquelle «l'équation de La Pocatière est difficile (...), c'est bien évidemment parce qu'il y a le Buy America». Cette loi oblige les constructeurs ferroviaires à produire aux États-Unis au moins 60 pour cent des voitures et locomotives destinées à des projets financés en tout ou en partie par Washington.

Le Buy America ne date pas d'hier, mais vu le contexte économique difficile aux États-Unis, les politiciens américains font de plus en plus pression sur les constructeurs pour que ceux-ci dépassent le plus possible le seuil de 60 pour cent.

Le contrat récemment remporté par Bombardier pour le métro de New York n'aura ainsi aucune retombée à La Pocatière, tout comme celui que la multinationale s'apprête à décrocher à San Francisco. Par le passé, pourtant, l'usine du Bas-Saint-Laurent avait souvent été mise à contribution pour des contrats américains.

Lundi, le syndicat des employés de l'usine de La Pocatière, la seule de Bombardier Transport au Québec, a dénoncé la hausse du recours à la sous-traitance au cours des dernières années. Les travailleurs craignent pour l'avenir des installations une fois que le contrat du métro de Montréal sera complété, en 2018.

L'usine, qui a longtemps donné du travail à plus de 1000 employés, en compte aujourd'hui 550. Ce nombre augmentera toutefois de 200 l'an prochain en raison du contrat du métro.

Le syndicat et Bombardier ne s'entendent pas quant à l'interprétation d'une entente conclue en 2010 sur l'encadrement de la sous-traitance. Le dossier est actuellement en arbitrage.

«Notre devise, c'est de toujours avoir des relations harmonieuses avec nos employés et c'est ce qu'on va faire dans les prochaines semaines et dans les prochains mois, a assuré le grand patron de Bombardier Transport en Amérique du Nord, Raymond Bachant. On va trouver une solution d'un commun accord.»

PLUS:pc