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Tunis: report du second procès de l'ex-ministre de l'intérieur sous Ben Ali

05/05/2012 09:47 EDT | Actualisé 05/07/2012 05:12 EDT

Le deuxième procès pour torture contre l'ex-ministre de l'Intérieur Abdallah Kallel sous le régime de Ben Ali, qui s'est ouvert samedi à Tunis a été reporté au 26 mai, a-t-on appris de source judiciaire.

M. Kallel (70 ans), qui a comparu samedi devant un tribunal de Tunis, est poursuivi sur la base d'une plainte au civil déposée à son encontre par un ancien prisonnier affirmant avoir été victime de sévices en 1993, Rached Jaïdane.

A la demande de la défense, ce procès a été reporté au 26 mai, selon la même source.

M. Kallel avait déjà été condamné en appel le 7 avril dernier à deux ans de prison ferme par une cour militaire pour l'arrestation et la torture d'officiers de l'armée accusés de coup d'Etat contre le régime de Ben Ali en 1991.

L'ex-président Ben Ali, qui a fui en Arabie Saoudite le 14 janvier 2011 et qui a été jugé par contumace dans cette même affaire - la première du genre -, avait été condamné à cinq ans de réclusion.

A ce jour, Abdallah Kallel est le seul ex-ministre de l'Intérieur tunisien à être jugé pour des sévices commis sous le règne de Ben Ali (1987-2011).

Arrêté en mars 2011, il est incarcéré depuis à la base militaire d'Al Aouina, près de Tunis, avec d'ex-dignitaires du régime de Ben Ali toujours en attente de leur jugement plus de quinze mois après la révolution tunisienne.

Ses avocats et ses proches avaient dénoncé la tenue de son premier procès pour torture, affirmant qu'il avait été entaché d'irrégularités.

La famille de l'ex-ministre de l'Intérieur a dénoncé un "règlement de comptes", affirmant que Abdallah Kallel fait figure de "bouc-émissaire" pour être le seul ancien dignitaire du régime Ben Ali à être jugé pour torture.

Le régime de Ben Ali était régulièrement épinglé pour des cas de torture et des violations systématiques des droits de l'Homme. Abdallah Kallel a été le ministre de l'Intérieur du président Ben Ali, de 1991 à 1995, lors d'une période notamment marquée par une confrontation avec les islamistes. Le parti islamiste Ennahda a remporté en octobre 2011 les premières élections libres en Tunisie.

Récemment, l'ancien Premier ministre de transition post-Ben Ali, Béji Caïd Essebsi, a fait l'objet de deux plaintes pour "crimes de torture" dans les années 60 en sa qualité de ministre de l'Intérieur (1965-1969) sous le régime du premier président tunisien Habib Bourguiba.

Bsh/kl/sba

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