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Serbie: duel entre les pro-Europe du DS et les nationalistes du SNS

05/05/2012 11:10 EDT | Actualisé 05/07/2012 05:12 EDT

BELGRADE, Serbia - Quelque sept millions d'électeurs serbes sont appelés aux urnes dimanche pour un triple scrutin présidentiel, législatif et municipal. Au coude à coude dans les sondages, les nationalistes du SNS comme le Parti démocratique (DS) du président sortant Boris Tadic devront vraisemblablement former un gouvernement de coalition avec de petites formations s'ils veulent diriger le pays.

Sur fond de débat sur la place et le rôle de la Serbie dans les Balkans et les relations avec l'Union européenne, l'une des clés de la bataille pour les 250 sièges à l'Assemblée sera la position du Parti socialiste (SPS), jusqu'ici membre de la coalition sortante et qui n'a pas fait connaître ses choix.

La bataille présidentielle, qui oppose douze candidats samedi, devrait se résumer à un duel le 20 mai au second tour entre M. Tadic, qui a démissionné afin que le triple scrutin se tienne le même jour, et Tomislav Nikolic du Parti progressiste (SNS), autrefois proche de Slobodan Milosevic mais qui s'est depuis rapproché du camp pro-européen.

M. Tadic, qui a réussi à ce que Belgrade soit acceptée en mars dernier comme candidate officielle à l'UE par Bruxelles, a vu sa popularité chuter ces derniers mois en raison de la crise économique. Face à l'effondrement des investissements étrangers, son gouvernement de coalition a vu le taux de chômage atteindre 24% et la population son niveau de vie reculer.

Après avoir perdu les deux précédents scrutins face à M. Tadic, Tomislav Nikolic espère cette fois l'emporter grâce au mécontentement d'électeurs se disant excédés par l'injustice sociale et la corruption, leur promettant des emplois, une stabilité financière ainsi que des milliards de dollars d'investissements étrangers en cas de victoire.

Ses nouvelles prises de position européennes ne sont toutefois pas entièrement jugées convaincantes par tous. Cet amoureux proclamé de la Russie, qui avait autrefois dit qu'il préférait que la Serbie devienne une province russe plutôt qu'un membre de l'UE, avait aussi salué Ratko Mladic et Radovan Karadzic comme des "héros serbes".

"Bien sûr que j'ai évolué. J'ai été homme politique pendant 22 ans et les Serbes ont aussi changé", a assuré en campagne celui qu'on surnomme "Toma le fossoyeur" pour avoir administré le cimetière municipal de sa bonne ville de Kragujevac (centre) dans les années 80. Ancien soutien de Milosevic lors de la répression au Kosovo en 1999, il a finalement quitté en 2008 le parti ultranationaliste du SRS, dont le chef Vojislav Seselj est aujourd'hui jugé à La Haye pour crimes contre l'humanité.

Faute de soutien des socialistes du SPS en cas de victoire, M. Nikolic et le SNS pourraient se tourner vers les conservateurs du Parti démocratique de Serbie (DSS) de l'ancien président et Premier ministre Vojislav Kostunica, à la ligne clairement anti-UE et pro-Russie. AP

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