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Plus de 300 manifestants en détention après des affrontements au Caire

05/05/2012 10:40 EDT | Actualisé 05/07/2012 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Des procureurs militaires ont ordonné le placement en détention provisoire de quelque 300 protestataires arrêtés après les violents heurts qui ont eu lieu vendredi soir près du ministère de la Défense au Caire, a-t-on appris samedi auprès d'un responsable de la justice égyptienne.

Les protestataires seront détenus pendant 15 jours dans l'attente des résultats de l'enquête, précise-t-on de même source. Ils risquent des poursuites pour attaques sur des soldats, intrusion dans une zone militaire interdite d'accès malgré des sommations et troubles à l'ordre public. Au moins deux d'entre eux pourraient être inculpés du meurtre du soldat tué pendant les troubles. Ils pourraient ensuite traduits devant des tribunaux militaires. Par ailleurs, au moins 26 femmes ont été placées en détention, a ajouté cette source.

Selon une avocate, Ragia Omran, il s'agit d'une des plus importante vague d'arrestations à la suite de manifestations organisées depuis le début de la période de transition.

Les affrontements ont éclaté vendredi quand des manifestants ont essayé de marcher jusqu'au ministère de la Défense. D'après les autorités, un soldat a été tué et plus de 300 personnes blessées par des gaz lacrymogènes, des pierres, et par balles. Selon des responsables des services de sécurité, 140 soldats ont été blessés.

La télévision publique a diffusé samedi des images des funérailles du soldat tué, et un couvre-feu a été décrété dans la zone où ont eu lieu les violences.

Ces affrontements font partie des plus violents survenus aux abords du siège du Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui dirige le pays depuis la démission de l'ancien président Hosni Moubarak le 11 février 2011 sous la pression de la rue. Les manifestants réclamaient la démission du Conseil.

Ils alimentent les tensions à trois semaines de l'élection présidentielle des 23 et 24 mai prochain. Les généraux qui assurent la transition ont promis à plusieurs reprises de céder le pouvoir à un gouvernement civil d'ici au 1er juillet, mais les manifestants de tous bords n'y croient pas et exigent leur départ immédiat.

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