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Les Grecs aux urnes dimanche pour des législatives anticipées décisives et incertaines

05/05/2012 08:42 EDT | Actualisé 05/07/2012 05:12 EDT

ATHENS, Greece - Appelés à renouveler les 300 sièges du Parlement, les Grecs se rendent aux urnes dimanche pour leurs élections les plus critiques -et incertaines- depuis 1974. Jugés responsables de la crise économique et budgétaire, les deux principaux partis, le Parti socialiste (PASOK) et Nouvelle Démocratie (droite), devraient faire l'objet d'un vote sanction.

Les deux formations, qui se sont succédées au pouvoir en Grèce depuis la fin de la dictature militaire en 1974, participent depuis fin 2011 à un gouvernement intérimaire d'union nationale.

La Grèce dépend depuis mai 2010 de deux plans de sauvetage pluriannuels de plusieurs centaines de milliards d'euros de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) qui lui ont évité la faillite. Mais Athènes a dû prendre en contrepartie des mesures d'austérité extrêmement dures qui ont éreinté l'économie du pays, entré dans sa cinquième année de récession, et fait flamber le chômage à 21,8% de la population active.

C'est dans un climat de colère populaire grandissante que le gouvernement de transition de Lucas Papademos fait appliquer réformes, coupes budgétaires et hausses fiscales.

Selon les derniers sondages publiés il y a deux semaines -ils sont interdits depuis, en vertu du code électoral grec-, aucun parti ne devrait être en mesure d'obtenir une majorité suffisante pour gouverner seul. Et on ignore si les différentes formations parviendront à former une nouvelle coalition.

Nouvelle Démocratie est crédité de 25,5%. Quant au PASOK, qui avait remporté les dernières législatives en 2009 avec plus de 43% des suffrages, il ne devrait recueillir cette fois qu'entre 14,5% et 19% des voix. Ce serait le plus mauvais résultat du parti fondé en septembre 1974 après la dictature des colonels.

L'affaiblissement des principaux partis a favorisé un émiettement du paysage politique et la création de nombreuses petites formations opposées aux mesures d'austérité. D'après les sondages, une dizaine de partis, un chiffre sans précédent, devraient franchir le seuil des 3% requis pour entrer au Parlement.

C'est le cas d'Aube Dorée, mouvement d'extrême droite crédité d'environ 5% des intentions de vote. Ce parti, dont certains sympathisants ne cachent pas leur admiration pour Hitler, promet notamment de "nettoyer" le pays et de boucler les frontières, afin d'empêcher l'arrivée de nouveaux migrants illégaux.

Pour Spiros Rizopoulos, spécialiste de communication politique, "les gens ne choisissent pas les petits partis parce qu'ils croient en leur programme. Je doute que quiconque ait jamais lu le programme d'un de ces petits partis". Selon lui, leurs électeurs veulent avant tout exprimer leur rejet de l'austérité.

Le patron du PASOK, l'ancien ministre des Finances Evangelos Venizelos, a appelé les électeurs à ne pas céder à la tentation du vote sanction.

"Dimanche décidera si nous restons dans l'Europe et dans l'euro (...) pour sortir définitivement de la crise (...) ou si nous succomberons à l'aventurisme, reviendrons des décennies en arrière et conduirons le pays à la faillite", a-t-il lancé lors de sa ultime réunion publique de la campagne vendredi soir à Athènes.

Le leader de Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, s'est de son côté prononcé contre la formation d'une coalition avec le PASOK à l'issue du scrutin. "Ce n'est pas l'intérêt du peuple grec", a-t-il affirmé jeudi soir lors d'un meeting électoral.

Des propos de campagne, juge Elias Nicolacopoulos, professeur de sciences politiques à l'Université d'Athènes. "Celui qui oserait torpiller la formation d'un gouvernement de coalition ne recevrait même pas sa propre voix lors de la prochaine élection", avance-t-il.

"Quoi qu'ils puissent dire maintenant, quelle que soit la réthorique employée, ils seront obligés dans les dix jours maximum de se mettre d'accord sur la formation d'un gouvernement (...) Même s'ils votent pour les partis anti-austérité, les gens attendent un comportement responsable concernant la formation d'un gouvernement", conclut M. Nicolacopoulos. AP

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