La France retient son souffle à la veille du second tour de la présidentielle

AFPQC  |  Par Publication: 05/05/2012 17:41 Mis à jour: 05/05/2012 17:49

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La France retenait son souffle en vue du second tour de la présidentielle dimanche pour lequel le socialiste François Hollande part favori devant le président sortant Nicolas Sarkozy mais avec l'avance la plus faible depuis le début de la campagne électorale.

Les opérations de vote ont débuté samedi pour les Français d'outre-mer et ceux vivant aux Etats-Unis, au Canada et en Amérique du Sud. En Guyane, on enregistrait à la mi-journée un taux de participation plus élevé qu'au premier tour.

Au total 46 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour décider dimanche quel sera le président de la France pendant cinq ans.

Depuis vendredi minuit, les candidats sont contraints au silence jusqu'à dimanche 20H00 (14h au Québec), heure de fermeture des derniers bureaux de vote.

Au premier tour, le 22 avril, François Hollande est arrivé en tête (28,63% des suffrages) devant Nicolas Sarkozy (27,18%). Il aborde le scrutin de dimanche en favori pour ramener la gauche à l'Elysée dont elle est absente depuis 17 ans: depuis des mois, il est donné vainqueur par les sondages.

Mais avec 52% des intentions de vote pour le candidat socialiste contre 48% pour le président sortant, selon une dernière enquête Ifop-Fiducial publiée vendredi soir, l'écart entre les deux hommes s'est réduit à son plus faible niveau depuis le début de la campagne électorale.

"Dimanche tout est possible", titrait samedi le quotidien de gauche Libération tandis que le journal de droite Le Figaro rappelait à ses lecteurs qu'ils avaient à faire "un choix historique".

Les deux hommes passaient la journée de samedi avec leurs proches: François Hollande avec sa compagne Valérie Trierweiler dans son fief de Tulle (centre), où il s'est baladé sur un marché, recevant au passage embrassades et roses, fleur symbole du Parti socialiste. Nicolas Sarkozy en privé avec son épouse, Carla Bruni, et leur fille.

Dans leurs ultimes meetings, les deux finalistes ont appelé à la mobilisation, François Hollande jugeant que la victoire n'était pas acquise, Nicolas Sarkozy que la défaite pouvait être évitée.

"Ne commettez pas cette erreur qui pourrait être fatale de penser que les jeux seraient déjà faits", a lancé le socialiste à Périgueux (sud-ouest). Dans l'optique d'une victoire, il a appelé plus largement les Français à "la réconciliation" et au "rassemblement".

Le président sortant a, lui, exhorté au "sursaut national": "Chaque voix va compter dimanche, vous n'imaginez pas à quel point les choses vont se jouer sur le fil du rasoir", a-t-il dit aux Sables-d'Olonne (ouest).

"La question ce n'est pas Nicolas Sarkozy ou François Hollande, la question c'est +quel avenir pour notre pays, quel choix pour vos enfants+", a-t-il insisté.

M. Hollande peut compter sur un bon report de la gauche radicale et des écologistes (au total 14,5% des voix) dont les leaders ont appelé à voter pour lui. Aucun des candidats du premier tour n'a appelé à voter pour Nicolas Sarkozy.

La mobilisation des abstentionnistes (taux de 20,53% au premier tour) et le report des voix des électeurs de la dirigeante de l'extrême droite (Front national) Marine le Pen qui a réalisé une percée historique (17,9%) le 22 avril, et de ceux du centriste François Bayrou (9,1%) seront les clés du scrutin.

L'entre-deux-tours très frontal a été marqué par une quête aux voix du Front national, menant Nicolas Sarkozy à radicaliser son discours sur l'immigration et la sécurité.

Marine Le Pen a indiqué qu'elle voterait blanc et implicitement appelé ses électeurs à faire le même choix. François Bayrou a déclaré qu'à titre personnel il voterait Hollande, mais sans donner de consigne de vote.

Parti en outsider il y a un an, François Hollande, ex-dirigeant du PS sans expérience gouvernementale, a tracé son sillon en faisant valoir l'idée d'une présidence "normale", déterminé à retrouver l'équilibre budgétaire en 2017, tout en favorisant la croissance.

Triomphalement élu en 2007 mais plombé par un bilan impopulaire sur fond de crise et une image tenace de "président des riches", Nicolas Sarkozy se présente comme celui qui a évité à la France le destin économique de la Grèce et qui saura "protéger" les Français.

A peine élu, le prochain chef de l'Etat devra honorer plusieurs rendez-vous internationaux, à commencer par les sommets du G8 et de l'Otan les 20 et 21 mai.

Les premières estimations de résultats seront divulguées dimanche à 18H00 GMT. Elles pourraient être publiées plus tôt par des médias étrangers, comme au premier tour.

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Publié par Patrick White  |