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Gaz lacrymogènes sur des obsèques à Damas, attentat meurtrier à Alep

05/05/2012 08:32 EDT | Actualisé 05/07/2012 05:12 EDT

Les troupes syriennes ont tiré samedi à Damas des gaz lacrymogènes sur des obsèques transformées en rassemblement monstre contre le régime, après des explosions meurtrières près d'Alep et de la capitale syrienne.

"Nous ne cèderons pas", ont scandé des milliers de participants aux funérailles de neuf manifestants tués vendredi par les forces de sécurité à Damas, où les rassemblements contre le président Bachar al-Assad sont moins importants que dans les autres régions, selon des vidéos de militants.

"Bachar, tu as trahi la Syrie", "le peuple syrien est uni", scandaient-ils. De nombreuses femmes applaudissaient et lançaient des youyous à l'arrivée des cercueils, tandis que des jeunes brandissaient de petites pancartes proclamant: "Toute la Syrie fera face au régime criminel".

Les forces de sécurité ont tenté de disperser la foule dans le quartier de Kafar Soussé en tirant des lacrymogènes, mais la foule est restée sur place, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a demandé aux observateurs de l'ONU chargés de surveiller un cesser-le-feu continuellement ignoré, de se rendre aux obsèques. Aucune information sur une telle présence n'était toutefois disponible dans l'immédiat.

"Les funérailles montreront au régime que Damas n'est pas une ville neutre comme il le prétend", affirme le CNS dans un communiqué.

Le bilan des neuf manifestants tués est l'un des plus lourds à Damas depuis le début de la révolte en mars 2011.

Avant le début des obsèques, au moins cinq civils ont été tués par l'explosion d'une bombe placée dans une station de lavage de voitures au passage d'un bus à la périphérie d'Alep (nord), deuxième ville de Syrie, selon l'OSDH.

Aux abords de Damas, trois soldats ont été blessés dans l'explosion d'une bombe au passage d'un bus militaire, tandis qu'une deuxième bombe placée sous un véhicule militaire dans l'artère commerçante d'As-Saoura a explosé sans faire de victime.

Les troupes ont également procédé à des arrestations accompagnées de tirs dans le quartier de Barzé à Damas, faisant des blessés, d'après l'OSDH.

Selon des militants, les tirs et les explosions à Damas sont "une tentative (du régime) de terroriser les gens et de les empêcher de participer aux funérailles".

En outre, un "responsable" du parti Baas au pouvoir a été assassiné par des hommes armés dans le nord-ouest du pays, a indiqué l'OSDH, sans préciser l'identité de la victime.

Vendredi, les forces de sécurité avaient tué 29 civils à travers le pays où, comme chaque vendredi, les manifestants ont défilé par milliers contre le régime.

Ces violences sont en violation du cessez-le-feu entré en vigueur le 12 avril selon le plan de l'émissaire international Kofi Annan, et pour lequel des observateurs ont été déployés.

Mais selon Abou Omar, un militant de la région de Damas, les forces de sécurité ne sont pas intimidées par la présence des observateurs. "Elles semblent très à l'aise, c'est comme si elles avaient le feu vert pour poursuivre la répression".

Le degré d'application de ce plan, officiellement accepté par Damas et par les rebelles, doit faire l'objet d'un rapport de M. Annan au Conseil de sécurité de l'ONU le 8 mai.

La persistance des violences a poussé les Etats-Unis et la France à exprimer une fois de plus leurs doutes face à la volonté de M. Assad de cesser le feu conformément au plan Annan, Washington réaffirmant le "besoin urgent d'une transition politique" en Syrie, dominée par le clan Assad depuis 40 ans.

Néanmoins, le bureau de M. Annan a estimé que le plan était "sur les rails", alors que Robert Mood, chef de la mission des observateurs, a appelé l'armée régulière à faire le premier pas pour arrêter les violences.

L'ONU ne compte pour l'instant qu'une petite trentaine d'observateurs sur le terrain, mais ce nombre devait dépasser la centaine dans quelques semaines avant d'atteindre 300.

Selon l'OSDH, plus de 600 personnes, en majorité des civils, ont été tuées en Syrie depuis le début de la trêve, et plus de 11.100 en 13 mois de révolte.

Lundi, les autorités organisent des législatives qualifiées de "pure forme" par les analystes et de "mascarade" par l'opposition, qui les boycotte. La majorité des candidats sont des "marionnettes du régime", sans projet et ne représentent aucune force politique, selon les analystes.

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