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USA: le ralentissement des embauches se confirme mais le chômage baisse

04/05/2012 08:39 EDT | Actualisé 04/07/2012 05:12 EDT

Le chômage continue de reculer aux Etats-Unis mais les chiffres officiels publiés vendredi à Washington montrent que son reflux d'avril a résulté d'une baisse de la population active alors que les embauches ralentissaient pour le troisième mois d'affilée.

Le taux de chômage officiel a baissé de 0,1 point par rapport à avril, pour s'établir à 8,1%, son niveau le plus faible depuis janvier 2009, indique le rapport mensuel sur l'emploi du département du Travail.

Dans le même temps, indiquent les données du ministère, les embauches ont nettement ralenti pour ne représenter que 115.000 emplois nets, soit 25,4% de moins qu'en mars, et un niveau que la banque centrale américaine (Fed) juge tout juste suffisant pour empêcher le chômage de monter.

Le chiffre des créations d'emplois du ministère est nettement inférieur à l'estimation médiane des analystes, qui donnait 162.00 embauches en avril.

La baisse du taux de chômage officiel était inattendue. Elle "est beaucoup moins encourageante qu'on pourrait le penser", estime Harm Bandholz, économiste à la banque UniCredit. De fait, elle résulte avant tout d'une baisse assez marquée de la population active.

Selon les calculs de M. Bandholz, la moitié de la baisse de la population active est liée à des départs en retraite, mais l'autre moitié a une cause "cyclique" et témoigne d'une croissance du nombre d'"actifs frustrés" de ne pas trouver d'emploi.

Selon les chiffres officiels, le nombre de personnes employées a reculé pour le deuxième mois d'affilée, mais juste un peu moins rapidement que celui des chômeurs, et le taux d'emploi des Américains de plus de 16 ans a baissé pour s'établir à 58,4%, niveau qui était le sien un an plus tôt, et très proche de son plus bas en 34 ans (58,2%), touché à l'été 2011.

Le président américain Barack Obama a salué dans le recul du chômage "une bonne nouvelle". "Mais il y a toujours beaucoup de gens sans emploi, ce qui veut dire que nous devons en faire plus", a-t-il ajouté, exhortant le Congrès, où l'opposition républicaine est suffisamment forte pour bloquer les projets du gouvernement, à légiférer pour l'emploi et la croissance.

Probable adversaire de M. Obama lors de la présidentielle de novembre, le républicain Mitt Romney a jugé sur la chaîne de télévision Fox News que le rapport de l'emploi était "une nouvelle horrible et décevante".

"La raison pour laquelle nous voyons une baisse du taux de chômage est qu'il y a plus de gens qui quittent la population active que de gens qui obtiennent des emplois", a-t-il ajouté, "ce n'est pas un progrès".

Indiquant que le ralentissement économique observé depuis le mois de mars devrait être passager, la Fed a annoncé le 25 avril être un peu plus optimiste pour l'évolution du taux de chômage qu'elle ne l'était fin janvier.

Cependant, les économistes sont partagés sur les conclusions à tirer des derniers chiffres.

Bon nombre d'entre eux rappellent que depuis plusieurs mois, l'estimation initiale des embauches est systématiquement revue à la hausse et tablent sur une nouvelle accélération des embauches à court terme.

A l'inverse, Jeffrey Rosen, du cabinet Briefing, estime "qu'il n'y a plus aucun doute sur le fait que la croissance de l'emploi a ralenti" depuis un certain temps après avoir été robuste pendant l'hiver.

Une chose est certaine, résume son confrère Joel Naroff, de Naroff Economics Advisors: "Nous avons besoin de créations d'emploi bien meilleures si nous voulons voir le chômage continuer de baisser".

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