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TransCanada soumet une autre demande pour l'oléoduc Keystone XL aux États-Unis

04/05/2012 10:33 EDT | Actualisé 04/07/2012 05:12 EDT

CALGARY - La société TransCanada (TSX:TRP) tente de nouveau d'obtenir les autorisations nécessaires à la construction de son controversé pipeline Keystone XL, après que l'administration Obama ait rejeté le premier tracé proposé.

L'entreprise de Calgary a révélé vendredi qu'elle a déposé une nouvelle demande auprès du département d'État américain pour la portion d'oléoduc qui doit s'étendre de la frontière canadienne jusqu'à la ville de Steele City, au Nebraska.

«Notre demande d'un nouveau permis présidentiel s'appuie sur plus de trois ans d'études environnementales déjà réalisées pour Keystone XL, a indiqué par voie de communiqué le chef de la direction, Russ Girling.

«C'est le mécanisme d'évaluation environnementale le plus complet jamais effectué pour un oléoduc transfrontalier, et ces travaux devraient permettre à notre permis transfrontalier d'être examiné rapidement, et une décision rendue une fois décidé le nouveau tracé au Nebraska.»

TransCanada croit que les travaux de construction commenceront au début de 2013, et que le pétrole commencera à couler à la fin de 2014 ou au début de 2015.

L'oléoduc relierait Hardisty, en Alberta, et Steele City, au Nebraska. La portion canadienne de l'oléoduc a été approuvée il y a déjà plusieurs années.

La demande de TransCanada comprend un nouveau tracé via le Nebraska, que cet État étudie présentement et qui contournerait l'écosystème fragile de Sand Hills. Les tracés du Montana et du Dakota du Sud ont déjà été examinés.

Le ministre canadien des Ressources naturelles, Joe Oliver, a déclaré depuis Toronto que le nouveau tracé augmente les chances de voir le projet accepté. «J'étais prudemment optimiste, je suis un peu moins prudent aujourd'hui», a-t-il dit lors d'une conférence de presse vendredi.

Même s'il est «heureux» des progrès réalisés par le projet d'oléoduc, Ottawa continuera à chercher de nouveaux marchés pour le pétrole canadien, en apportant une attention particulière à la région Asie-Pacifique, a-t-il ajouté.

«Nous voulons que ça se produise en même temps que nous enrichissons et développons notre relation bilatérale (avec les États-Unis)», a dit le ministre Oliver.

Le dossier Keystone XL se retrouve au coeur d'une épineuse querelle politique au sud de la frontière, au moment où le président Barack Obama travaille à sa réélection, l'automne prochain.

Certains dénoncent l'impact environnemental du pétrole extrait des sables bitumineux qui circulerait dans l'oléoduc, ou craignent les dommages causés par un éventuel déversement.

Les partisans du projet affirment de leur côté qu'il créera de précieux emplois, réduira la dépendance des États-Unis envers les importations de pétrole provenant de pays moins amis, et stimulera le développement de sources américaines d'hydrocarbures, dans les Dakotas.

L'administration Obama avait rejeté, plus tôt cette année, le projet de 7,6 milliards $ entre l'Alberta et le Texas, notamment parce que les républicains tentaient d'accélérer le processus d'approbation.

Peu de temps après, TransCanada a annoncé qu'elle scindait le projet en deux pour aller de l'avant avec la construction de la portion la plus urgente du pipeline, entre Cushing, dans l'Oklahoma, et les raffineries du Texas. Cette portion n'a pas besoin d'un accord présidentiel parce qu'elle ne traverse pas une frontière internationale.

Le centre d'entreposage de Cushing déborde de pétrole brut, ce qui a fait fondre les prix nord-américains du brut et réduit les profits des producteurs. L'oléoduc vers la côte du golfe du Mexique devrait soulager une partie de cet engorgement au début de 2013.

TransCanada a des contrats fermes et à long terme pour le transport de plus de 500 000 barils de brut canadien par jour et 65 000 barils par jour provenant des champs pétrolifères américains. L'oléoduc aura une capacité initiale de 830 000 barils par jour.

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