Licencié, l'auteur du scoop du siècle obtient des excuses 67 ans après

AFPQC  |  Par Publication: 04/05/2012 11:52 Mis à jour: 04/05/2012 13:08

L'agence de presse américaine Associated Press (AP) a présenté vendredi ses excuses posthumes à un journaliste qu'elle avait licencié parce qu'il avait brisé un embargo militaire en annonçant avant l'heure la capitulation de l'Allemagne en 1945.

Cette nouvelle, le plus gros scoop de la guerre, avait également entraîné l'expulsion du journaliste, Edward Kennedy, de l'armée américaine auprès de laquelle il était accrédité.

"C'était un jour affreux pour AP. Cette affaire a été gérée de la pire des manières", a déclaré le patron de l'agence américaine, Tom Curley.

M. Kennedy faisait partie d'un groupe de 17 journalistes présents à Reims (est de la France) le 7 mai 1945 pour couvrir la réunion lors de laquelle les forces allemandes ont signé leur reddition. Mais l'Union soviétique de Staline souhaitait que la victoire soit annoncée à Berlin, que l'Armée rouge venait de prendre quelques jours avant, et les journalistes avaient accepté d'attendre qu'une deuxième cérémonie y soit organisée avant de diffuser l'information.

Les journalistes s'étaient vus demander de retenir l'information pendant quelques heures, puis finalement 36 heures, soit jusqu'à 15H00 le 8 mai 1945, ce que le journaliste d'AP n'avait pas fait. A raison, selon le patron de l'agence de presse.

"Lorsque la guerre est terminée, on ne peut pas retenir l'information de cette manière. Le monde a besoin de savoir", a déclaré Tom Curley.

Edward Kennedy est mort dans accident de voiture en 1963, mais sa fille Julia Kennedy Cochran, a estimé qu'il aurait été touché par les excuses présentées par son ancien employeur. "Je crois que cela aurait signifié beaucoup de choses pour lui", a-t-elle déclaré.

Le journaliste avait expliqué avoir demandé à un militaire chargé de la censure de lever l'embargo. Devant son refus, il avait utilisé un téléphone militaire non surveillé pour envoyer l'information au bureau d'AP de Londres, qui l'avait diffusée quelques minutes plus tard.

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Publié par Patrick White  |