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Obama s'apprête à passer aux attaques directes contre Mitt Romney

04/05/2012 10:44 EDT | Actualisé 04/07/2012 05:12 EDT

A six mois de la présidentielle américaine, Barack Obama se lance officiellement dans la campagne ce week-end avec des réunions électorales dans deux Etats-clé où il devrait s'en prendre nommément à son adversaire républicain Mitt Romney.

L'équipe de campagne du président sortant déverse des attaques quotidiennes contre l'ancien gouverneur du Massachusetts, le décrivant comme un multimillionnaire indifférent aux problèmes des Américains moyens, un ennemi des droits des femmes, et même quelqu'un qui aurait hésité à lancer le raid contre Oussama Ben Laden.

M. Obama devrait poursuivre sur cette lancée samedi en participant aux deux premiers grands rassemblements électoraux de sa campagne dans deux Etats qui s'avèreront cruciaux le 6 novembre prochain: à Columbus dans l'Ohio (nord) et à Richmond en Virginie (est).

Ces régions avaient voté démocrate en 2008, contribuant à la victoire de M. Obama, mais la situation semble moins nette cette année, après trois ans et demi de pouvoir à l'ombre d'un chômage qui n'a décru que lentement depuis la récession de 2007-2009, comme l'ont montré les statistiques médiocres d'avril publiées vendredi.

Face à ce bilan économique et l'impossibilité d'enfiler à nouveau le costume de candidat de l'"espoir" et du "changement", M. Obama semble avoir adopté le principe d'une campagne négative.

Mardi, l'équipe démocrate a lancé une énième attaque ad hominem contre M. Romney, l'accusant d'avoir, à l'époque où il était dirigeant d'entreprise puis gouverneur, délocalisé des emplois au Mexique, en Chine et en Inde. Et de conclure: "c'était à attendre de la part d'un type qui avait un compte en banque en Suisse".

Les six mois de la campagne à venir s'annoncent âpres, d'autant plus que M. Romney lui-même ne répugne pas à frapper fort sur ses adversaires, comme l'ont montré les primaires républicaines qui viennent de s'achever.

"M. Romney émerge d'une bataille sans merci pour l'investiture, qui a provoqué quelques doutes sur sa personnalité, et il veut repartir de zéro avec les Américains", note John Geer, spécialiste des campagnes électorales négatives à l'université Vanderbilt.

"L'équipe Obama ne va pas lui permettre de le faire sans poursuivre ses critiques. Ils veulent introduire le doute sur sa personnalité et le présenter comme un extrémiste sur (certains) dossiers", assure cet expert à l'AFP.

Pour Peter Brown, chargé des sondages à l'université Quinnipiac, une telle stratégie "n'est pas inhabituelle pour un président sortant". "Etant donné la cote de popularité moyenne du président (...) son équipe a de toute évidence choisi d'attaquer l'opposition", observe-t-il.

M. Obama avait remporté l'Ohio en 2008 avec une large avance, mais cet Etat durement touché par le chômage a élu depuis un gouverneur républicain. Un sondage Quinnipiac publié jeudi ne donne que deux points d'avance au président face à M. Romney, dans la marge d'erreur.

Les démocrates diffusent déjà des publicités négatives dans l'Ohio, en Virginie et dans l'Iowa, mais tentent aussi de relancer l'enthousiasme de leurs troupes en diffusant de longues vidéos à la gloire du bilan de M. Obama, comme la réforme de l'assurance-maladie, le sauvetage des banques et de l'industrie automobile, la fin de la guerre en Irak et l'élimination de Ben Laden.

Mais M. Romney et son parti insistent sur l'économie et l'emploi, préoccupations principales des Américains. "Bienvenue en Ohio. Une simple question: où sont les emplois?", a ainsi demandé M. Romney dans une lettre ouverte au président publiée vendredi par le journal local Cleveland Plain Dealer.

"Les présidents sortants qui ont réussi font campagne sur leur bilan. Les présidents qui ont échoué fuient leur bilan", a pour sa part estimé le président du parti républicain, Reince Priebus.

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