Grève étudiante: les manifestants et les policiers de la Sûreté du Québec s'affrontent à Victoriaville (PHOTOS/VIDÉOS)

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MANIF VICTO
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Jets de pierres, largage de gaz irritants, foule prise de panique, heurts, interpellations: le conseil national du parti au pouvoir au Québec a plongé vendredi au coeur du plus important et musclé conflit étudiant de l'histoire de la province francophone.

"Colère générale contre le Parti libéral" du Québec (PLQ), ont scandé plus de 2 000 manifestants venus de toute la province, réunis dans le parking de la succursale locale du géant américain de la distribution Wal-Mart, qui avait fermé ses portes à la mi-journée avant le début de la grand-messe annoncée.

Les manifestants ont marché pacifiquement sur un peu moins d'un kilomètre pour arriver au Centre des congrès de Victoriaville, municipalité de 42 000 habitants, située à 170 kilomètres à l'est de Montréal.

Le parti du Premier ministre Jean Charest devait se réunir ce week-end à Montréal, mais le congrès a été déplacé à Victoriaville pour éviter les manifestations étudiantes quasi-quotidiennes dans la métropole québécoise depuis la mi-février.

Les manifestants ont poussé jusqu'au bout le jeu du chat et de la souris et traqué le Premier ministre jusque devant ses partisans.

Les étudiants s'opposent à la décision de M. Charest de hausser de 75% sur cinq ans (1,625 $, 325 $/an) les droits de scolarité à l'université pour les porter à 3 800 $par année, plus près de la moyenne nord-américaine.

"Je me bats pour ce que je crois et je crois en la gratuité scolaire", a lancé Antoine Perreault, 18 ans, écharpe rouge, casquette vissée sur ses cheveux bruns en bataille. Cet étudiant avait parcouru plus de 300 kilomètres en auto-stop pour participer à la manifestation.

La marche, regroupant étudiants, professeurs, syndicalistes et mouvements communautaires était bon enfant, mais a dégénéré à l'arrivée devant le Centre des Congrès de Victoriaville, municipalité quadrillée par la Sûreté du Québec (SQ).

Des protestataires ont lancé des projectiles et des pétards sur le Centre des congrès, fracassé une fenêtre et déplacé les barrières métalliques qui protégeaient le bâtiment, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Plusieurs dizaines de policiers anti-émeute ont répliqué avec des gaz irritants et chargé la foule pour tenter de rétablir l'ordre, sous le regard des délégués du PLQ, sur leur 31, observant la scène depuis l'intérieur de l'édifice.

Les affrontements ont fait au moins sept blessés parmi les manifestants et quatre du côté des policiers, selon un premier bilan provisoire. Les forces de l'ordre ont procédé à plusieurs interpellations. En fin de soirée, les quelques 2 000 manifestants arrivés en autocars ont quitté la ville de la même manière.

"Il est temps que la raison prenne le dessus. Il est grand temps que les étudiants en boycott réintègrent leurs cours", a tonné M. Charest devant un parterre de membres de son parti.

Les principales associations étudiantes de la province ont aussitôt appelé au calme afin de ne pas compromettre le mouvement de grève qui mobilise encore 170 000 étudiants à la 12e semaine du conflit et surtout des pourparlers initiés vendredi afin de désamorcer le conflit aux accents de crise sociale.

Preuve peut-être que des réels pourparlers sont engagés pour dénouer l'impasse, la ministre de l'Education du Québec Line Beauchamp n'était pas présente au conseil de sa formation politique.

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