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L'ex-magnat de la presse Conrad Black sort de sa prison américaine

04/05/2012 11:14 EDT | Actualisé 04/07/2012 05:12 EDT

L'ancien magnat de la presse Conrad Black est sorti de prison vendredi après avoir été condamné aux Etats-Unis pour fraude et obstruction à la justice, mais son éventuel retour au Canada, dont il avait renoncé à la nationalité, fait des vagues dans son pays natal.

M. Black purgeait une peine de prison de trois ans et demi, mais a bénéficié d'une libération anticipée de quelques mois pour bonne conduite.

"Conrad Black a été libéré ce matin de la prison fédérale de Coleman", située dans le centre de la Floride (sud-est), a annoncé à l'AFP un porte-parole des autorités pénitentiaires, Chris Burke, sans plus de précision.

Mais M. Black, 67 ans, est désormais entre les mains des services de l'immigration américaine --du fait qu'il ne possède ni nationalité américaine ni permis de séjour. Il pourrait être expulsé vers la Grande-Bretagne ou le Canada, selon la presse canadienne.

"Il nous a été remis ce matin par les autorités du Bureau fédéral des prisons à Miami", a assuré à l'AFP Nestor Yglesias, porte-parole de l'Agence d'immigration et des douanes des Etats-Unis (ICE).

L'ancien magnat est devenu Britannique après avoir renoncé à la nationalité canadienne en 2001 afin de siéger à la Chambre des Lords, où il est devenu "Lord Black of Crossharbour".

La porte-parole du ministère canadien de l'Immigration a confirmé jeudi que M. Black avait reçu une autorisation temporaire d'un an pour se réinstaller dans le pays. L'information, annoncée dans un premier temps par la presse, a provoqué une tempête politique à Ottawa, où l'opposition a accusé le pouvoir d'avoir accordé à M. Black un traitement de faveur.

Sans attendre son éventuel retour, l'homme a lancé des plaintes pour diffamation au Canada contre ses détracteurs qu'il accuse d'avoir provoqué la destruction de son empire médiatique.

Conrad Black possède une maison à Toronto, et sa femme et ses trois enfants sont Canadiens, selon la presse locale.

Le papivore déchu a été à la tête, dans les années 90, de l'empire de presse Hollinger, le troisième du monde, comprenant le Daily Telegraph de Londres, le Jerusalem Post, le Chicago Sun-Times ou encore le National Post de Toronto. Aux temps de sa splendeur, ce Montréalais de naissance fréquentait les stars et les dirigeants politiques de la planète.

Avec ses associés, il a été accusé d'avoir détourné jusqu'à 60 millions de dollars entre 1999 et 2001 mais il n'a été reconnu coupable en première instance que d'avoir détourné, via l'attribution de bonus, 6,1 millions de dollars lors de la cession de journaux.

Il était déjà sorti de prison en juillet 2010 après une décision de la Cour suprême des Etats-Unis qui avait trouvé une faille dans la loi fédérale sur la fraude en vertu de laquelle il avait été condamné à l'origine à 78 mois de prison.

Dans le sillage de cette décision, la cour d'appel fédérale de Chicago avait annulé en octobre deux des quatre verdicts de culpabilité mais en avait maintenu deux autres, pour fraude et obstruction à la justice.

Ses avocats avaient plaidé en juin pour qu'il ne soit condamné qu'à 29 mois de détention -soit le temps qu'il avait déjà passé en prison. Mais la juge lui a infligé une peine de 42 mois. Début septembre, il a donc été de nouveau emprisonné afin de purger les 13 mois lui restant à accomplir.

Son retour en prison en septembre 2011 avait coïncidé avec la sortie d'un livre de mémoires (A Matter of Principle) dans lequel Conrad Black se disait innocent et racontait sa chute.

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