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Les forces de sécurité syriennes tuent 29 personnes, dont un adolescent à Alep

04/05/2012 05:05 EDT | Actualisé 03/07/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Les forces syriennes ont ouvert le feu sur des milliers de manifestants rassemblés vendredi à Alep, dans le nord-ouest du pays, tuant un adolescent, au lendemain d'un assaut contre une résidence universitaire de la ville qui s'est soldé par la mort de quatre étudiants.

Un militant présent à Alep a expliqué que la manifestation de vendredi dans la ville était la plus importante depuis le début du soulèvement contre le régime du président Bachar el-Assad, en mars 2011. Alep est un centre économique majeur qui est resté largement fidèle au régime jusqu'à maintenant.

«Les résidants sont outrés par ce qui s'est passé à l'université», a dit ce militant, Mohammed Saeed. «Tout le monde veut exprimer sa solidarité avec les étudiants.»

Selon le militant, les forces de sécurité étaient déployées en grand nombre vendredi à Alep et ont tiré des balles réelles pour disperser les manifestants, tout en arrêtant des gens au hasard.

«Avec notre sang, nous nous sacrifierons pour vous, les étudiants!», scandaient les manifestants.

Même si Alep a été généralement épargné par les violences depuis le début du soulèvement, les manifestations antigouvernementales se multiplient dans la ville. Au cours des dernières semaines, des étudiants universitaires, dont plusieurs sont originaires de régions rebelles comme la province d'Idlib, ont organisé des manifestations presque chaque jour.

«C'est ce qui a provoqué cette attaque extrêmement brutale du gouvernement (...) qui est une preuve que le régime a commencé à s'inquiéter du soulèvement à Alep», a dit Omar Idlibi, membre du Conseil national syrien, une organisation de l'opposition.

Durant la manifestation de vendredi, les forces de sécurité ont abattu un adolescent de 16 ans dans le quartier de Salaheddine et ont blessé une trentaine de personnes, selon Mohammed Saeed. Plusieurs autres personnes ont été arrêtées, a-t-il indiqué.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme, qui s'appuie sur un réseau de militants sur le terrain, a confirmé qu'un adolescent avait été tué à Alep.

Ailleurs dans le pays, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des centaines de personnes qui participaient à une procession funèbre dans le quartier Kfar Souseh à Damas, créant un mouvement de panique dans la foule, selon un témoin qui a réclamé l'anonymat.

Ce témoin, une femme, a expliqué qu'elle avait trouvé refuge sous un arbre dans une cour quand elle a vu un tireur d'élite ouvrir le feu sur un homme d'une vingtaine d'années qui tentait de s'enfuir. Elle a déclaré avoir vu les corps de trois personnes tuées par les forces de sécurité.

Des manifestations ont aussi été signalées vendredi dans les provinces de Hama et de Homs, dans le centre du pays, dans la province de Deraa, dans le sud, et en banlieue de Damas.

Selon les militants, au moins 29 personnes ont été tuées à travers le pays au cours de la journée.

Le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a indiqué vendredi qu'environ 40 observateurs de l'ONU étaient présents en Syrie actuellement. Ils seront 65 à partir de dimanche, a-t-il indiqué.

L'objectif est de déployer 300 observateurs pour surveiller le respect de la trêve, que le régime syrien est censé avoir acceptée le 12 avril.

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