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Le Soudan se battra jusqu'au retrait du Soudan du Sud (Affaires étrangères)

04/05/2012 11:14 EDT | Actualisé 04/07/2012 05:12 EDT

Le Soudan a cessé les combats en territoire sud-soudanais, conformément à la résolution de l'ONU, mais continuera à lutter contre les troupes de Juba qui se trouvent sur son territoire, a affirmé vendredi le ministère des Affaires étrangères.

"Nous ne menons actuellement aucune hostilité à l'intérieur du Soudan du Sud, mais sur notre territoire nous combattrons jusqu'à ce que les troupes du Soudan du Sud se retirent", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Al-Obeid Meruh, peu avant l'expiration du délai fixé par l'ONU aux deux pays pour cesser les hostilités sous peine de sanctions.

Khartoum comme Juba se sont dit prêts à faire la paix après l'adoption à l'unanimité par le Conseil de sécurité mercredi peu avant 15H00 GMT d'une résolution exigeant du Soudan et du Soudan du Sud qu'ils cessent les hostilités, y compris les raids aériens.

"L'autre partie a toujours une présence à l'intérieur de notre territoire (...) et cela signifie qu'ils n'ont pas cessé les hostilités", avait déclaré peu auparavant le porte-parole de l'armée, Sawarmi Khaled Saad, affirmant que le Soudan du Sud occupait encore deux zones le long de la frontière avec la province soudanaise du Darfour.

Selon un expert international, qui s'exprimait sous couvert d'anonymat, Khartoum est "en principe" engagée envers la résolution de l'ONU et les exigences de l'Union africaine qu'elle endosse, mais se méfie des menaces de sanctions.

"Ils pensent que la crise n'est pas de leur faute, alors ils ne voient pas pourquoi les sanctions devraient s'appliquer à eux. Et en fait ils essaient d'obtenir la levée des anciennes sanctions" imposées par les Etats-Unis à partir de 1997 pour plusieurs motifs, a-t-il déclaré à l'AFP.

Vendredi, le front semblait calme entre les deux pays, mais les deux armées restaient retranchées sur leurs positions le long de cette frontière tirée lors de la partition en juillet 2011 sans que le tracé ne soit encore entièrement défini.

Depuis que les forces sud-soudanaises ont quitté le 20 avril la zone pétrolifère d'Heglig après 10 jours d'occupation, Khartoum a maintes fois accusé Juba de poursuivre son "agression" en occupant d'autres zones frontalières contestées et en soutenant des groupes rebelles en territoire soudanais.

Selon les médias officiels soudanais, le président Omar el-Béchir a d'ailleurs passé la journée de vendredi à Talodi, une ville stratégique du Kordofan-Sud près de la frontière sud-soudanaise, autour de laquelle l'armée et des rebelles s'affrontent depuis des mois.

M. Béchir a promis que l'armée allait s'emparer cette semaine de la base rebelle de Kauda, à une centaine de kilomètres au nord de Talodi: "Vendredi prochain, nous prierons à Kauda pour épurer le Kordofan-Sud de la rébellion", a-t-il lancé aux soldats réunis à Talodi, selon la télévision d'Etat.

Les autorités de Juba ont régulièrement démenti soutenir ces rebelles, qui avaient combattu au côté des Sudistes lors de la guerre civile Nord/Sud (1983-2005, deux millions de morts).

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