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HRW accuse la police kényane d'aggressions contre les réfugiés de Dadaab

04/05/2012 09:13 EDT | Actualisé 04/07/2012 05:12 EDT

Human Rights Watch (HRW) a accusé vendredi la police et l'armée kényane d'agressions sexuelles et de passage à tabac de réfugiés somaliens dans les camps de Dadaab, le plus grand complexe de camps de réfugiés au monde, situé dans l'est du Kenya à la frontière avec la Somalie.

L'organisation de défense des droits de l'homme, basée à New York, dénonce notamment quatre jours de représailles, à la suite de la mort d'un policier dans une explosion, au cours desquels la police "a battu de nombreux réfugiés (...) dont un enfant de quatre ans, un enfant de 12 ans handicapé mental et une femme enceinte".

Des policiers ont aussi "violé au moins une réfugiée et tenté d'en violer d'autres", poursuit dans un rapport HRW, dénonçant aussi des pillages pour l'équivalent de quelque 450.000 dollars.

Dadaab, situé dans la province kényane du nord-est, abrite quelque 460.000 réfugiés, pour l'écrasante majorité des Somaliens qui fuient, depuis plus de 20 ans, la guerre civile et des sécheresses chroniques dans leur pays.

Pour HRW, les camps étaient déjà le théâtre de "graves" violations des droits de l'homme depuis de nombreux mois. Mais ces violations ont été "exacerbées" par le lancement de l'intervention armée kényane dans le sud somalien fin 2011.

Les attaques contre les postes de police et l'armée, que Nairobi impute systématiquement à des sympathisants des rebelles islamistes somaliens shebab, se sont multipliées dans la province du Nord-Est depuis l'opération.

Le rapport publié vendredi reprend aussi des accusations d'agressions ailleurs dans la région, qui avaient déjà été dénoncées en janvier par HRW. L'organisation avait alors recensé des cas de violences comme des passages à tabac à l'encontre de la population, très souvent contre des Kényans d'ethnie somali, notamment dans la ville de Garissa (est).

"Les attaques perpétrées par les présumés sympathisants des shebab sont odieuses, mais elles ne peuvent pas justifier ce genre d'abus", a estimé Leslie Lefkow, directrice-adjointe pour l'Afrique à HRW.

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