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France: Sarkozy demande à la «majorité silencieuse» de lui donner la victoire

04/05/2012 02:55 EDT | Actualisé 04/07/2012 05:12 EDT

LES SABLES-D'OLONNE, France - Pour sa dernière journée de campagne avant le second tour de la présidentielle, le président français Nicolas Sarkozy s'est offert un bain de foule en front de mer, vendredi, où il s'est porté à la défense de la «majorité silencieuse», tout en s'attaquant aux médias.

Lors d'un rassemblement aux Sables d'Olonne, le président-candidat s'est livré une nouvelle fois à une critique véhémente des médias, dénonçant «la mainmise d'une pensée unique et la coalition d'un système politico-médiatique» qui cherche selon lui à «stigmatiser la majorité silencieuse».

«Chaque voix va compter», a martelé Nicolas Sarkozy au début de son discours, dans une ville où il a recueilli 41,34 pour cent des suffrages au premier tour, loin devant François Hollande. «Dimanche, vous n'imaginez pas à quel point les choses vont se jouer sur le fil du rasoir», a-t-il prédit, alors que ses partisans entonnaient: «On va gagner, on va gagner».

Le président sortant s'est montré particulièrement énergique vendredi, au terme de deux mois et demi d'une campagne intense où il aura usé de toute sa force de conviction pour tenter d'accéder à un second mandat, en dépit des sondages qui lui sont défavorables.

La victoire est possible «si vous vous mobilisez, si vous amenez tous ceux qui doivent venir, si vous y croyez», a-t-il promis à ses partisans. «C'est une campagne pour ceux qui savaient qu'il y avait une montagne à porter, et cette montagne, nous sommes tout près de l'amener où nous voulons l'amener», a-t-il assuré à la fin du rassemblement.

Nicolas Sarkozy s'est ensuite offert un dernier bain de foule sur le front de mer. «Bien sûr qu'il y a de l'émotion», a-t-il dit à la presse. «Ces milliers de personnes, tout au long des routes, ça crée une grande responsabilité. C'est extrêmement émouvant», a-t-il souligné.

«C'est la campagne que je voulais faire», s'est-il félicité, tout en se refusant à la qualifier de «bonne».

Tout au long de son discours, Nicolas Sarkozy s'en est pris violemment aux médias, coupables selon lui d'avantager son adversaire socialiste.

«Le peuple de France ne s'est jamais senti autant injurié, acculé, manipulé. Jamais comme ces dernières semaines, le peuple de France n'a eu aussi fortement le sentiment qu'on lui manquait de respect, qu'on n'acceptait pas de lui dire la vérité et qu'on voulait lui imposer une décision dont il ne voulait pas», a-t-il clamé.

«Vous devez imposer votre liberté. Vous ne devez pas accepter la mainmise d'une pensée unique et la coalition d'un système politico-médiatique pour vous empêcher de choisir la direction qui sera retenue par la France dans les cinq années à venir», a-t-il lancé.

Critiquant aussi l'attitude de la gauche pendant la campagne, M. Sarkozy a déploré «le torrent de calomnies, d'outrances à l'endroit de ceux qui n'ont finalement comme seule faute que d'avoir été élus en 2007».

Les 6,5 millions de Français ayant voté pour Marine Le Pen au premier tour «ne sont pas des sous-citoyens, des délinquants, des personnes qui doivent être interdites de la République, ce sont des concitoyens à qui je dois porter attention pour qui je dois rendre des comptes, et à qui je dois faire écho dans les préoccupations qui sont les leurs», a-t-il argumenté, en réponse à ceux qui lui reprochent de trop en faire pour aller chercher les voix du Front national.

«À ceux qui font le procès en permanence de stigmatiser, je leur dis: vous stigmatisez la majorité silencieuse, et vous stigmatisez les gens au seul prétexte qu'ils ne sont pas de gauche, et ils ont le droit de refuser la gauche, de refuser le socialisme, de refuser le laxisme, de refuser l'égalitarisme», s'est-il emporté.

Avant de lancer cet avertissement: «Si les républicains ne s'emparent pas des vrais problèmes des Français, la prochaine fois, ce ne sera pas six millions pour le Front national et pour les extrêmes, ce sera beaucoup plus».

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