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France: l'ex-dignitaire libyen Saleh arrêté "dès que découvert" (Guéant)

04/05/2012 12:40 EDT | Actualisé 04/07/2012 05:12 EDT

L'ex-dignitaire libyen Bachir Saleh, actuellement en France et recherché par les autorités de son pays, sera interpellé "dès qu'il sera découvert", a affirmé vendredi sur France 24 et RFI le ministre de l'Intérieur Claude Guéant.

"Il a une autorisation de séjour provisoire en France puisque que son épouse est française et comme il est l'objet d'un mandat de recherche, dès qu'il sera découvert, il sera interpellé et donné à la justice", a assuré le ministre.

Interrogé sur le fait que Bachir Saleh avait été photographié et interviewé mercredi en plein centre de Paris par Paris Match, Claude Guéant a répondu: "Je ne suis pas au courant".

Le nom de Bachir Saleh est cité par le site d'information Mediapart, qui l'accuse d'avoir joué un rôle dans un projet allégué de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy pour l'élection présidentielle de 2007.

Par la voix de son avocat, Bachir Saleh, ancien président d'un fonds d'investissement libyen en Afrique, a démenti avoir été le destinataire d'une note promettant ce financement allégué. Nicolas Sarkozy a porté plainte pour faux et diffusion de fausses nouvelles.

Sur France 24 et RFI, Claude Guéant a réfuté toute exfiltration de M. Saleh par les services français après la chute de Mouammar Kadhafi: "M. Saleh, je ne sais pas ce qu'il fait en France. Il est arrivé en France, je ne sais pas par quels moyens, mais il n'a pas été exfiltré par les services français".

Le ministre a également expliqué que l'aval à une interpellation était du ressort de la Justice: "Il n'est susceptible d'interpellation qu'à partir du moment où une décision judiciaire est prise. Ce qui est le cas aujourd'hui", a-t-il déclaré sans plus de précision.

Le Conseil national de transition (CNT), au pouvoir en Libye, a demandé mercredi à la France d'extrader Bachir Saleh, "conformément à la notice internationale diffusée par Interpol pour des fraudes financières et des actes criminels".

Claude Guéant a de nouveau réfuté les accusations de Mediapart: "Tout le monde dément" l'authenticité de la note, a-t-il relevé.

Les avocats tunisiens de l'ancien Premier ministre libyen al-Baghdadi al-Mahmoudi, Mes Mabrouk Kourchid et Bechir Essid, affirment que leur client, emprisonné en Tunisie, avait confirmé auprès d'eux les accusations de Mediapart.

Mais l'avocat français Marcel Ceccaldi, qui assure représenter l'ex-Premier ministre libyen "depuis plus d'un mois et demi", a "formellement" démenti jeudi puis vendredi les propos de ses confrères tunisiens.

Lors d'une conférence de presse, Me Ceccaldi a par ailleurs réfuté que Bachir Saleh, qu'il représente également, soit arrivé en France après des négociations avec Paris: "Quand il est arrivé en France, mi-novembre, il n'y avait pas de notice rouge d'Interpol contre lui".

Il a par ailleurs annoncé avoir intenté une procédure auprès d'Interpol pour s'opposer à toute interpellation ou remise de son client à la Libye.

Selon Me Ceccaldi, Bachir Saleh "est resté à l'abri en Libye" au moment de la chute du régime, puis "en novembre, il part de Libye avec son passeport, va en Tunisie, à Djerba, puis Tunis, puis Paris", a-t-il détaillé.

Présenté par Me Ceccaldi comme son correspondant en Tunisie et s'exprimant par téléphone depuis Tunis, Me Med Salah Hassen a précisé que M. Baghdadi avait changé d'avocats le 14 février et affirmé l'avoir rencontré jeudi et vendredi. Il l'a décrit comme "très énervé" et a assuré que l'ex-dignitaire"n'avait jamais parlé de quoi que ce soit" sur la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Attaqué en justice par Nicolas Sarkozy, Mediapart a répliqué mercredi par une plainte en dénonciation calomnieuse. Par la voix de ses avocats, le site a demandé vendredi au parquet "l'ouverture d'une information judiciaire confiée à un juge d'instruction" qui enquêterait sur les deux procédures.

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