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USA: l'ex-magnat des médias Conrad Black sort de prison vendredi

03/05/2012 08:52 EDT | Actualisé 03/07/2012 05:12 EDT

L'ancien magnat de la presse Conrad Black va recouvrer la liberté vendredi après avoir été condamné aux Etats-Unis pour fraude, mais son éventuel retour au Canada, dont il avait renoncé à la nationalité, fait des vagues dans son pays natal.

Le papivore déchu doit sortir dans la journée de la prison de Coleman, dans le centre de la Floride (sud-est), après avoir purgé un peu plus de la moitié de la peine de 13 mois qui lui restait à accomplir pour fraude et obstruction à la justice. Il bénéficie d'une libération anticipée pour bonne conduite.

Conrad Black, 67 ans, a été à la tête, dans les années 90, de l'empire de presse Hollinger, le troisième du monde, comprenant le Daily Telegraph de Londres, le Jerusalem Post, le Chicago Sun-Times ou encore le National Post de Toronto. Aux temps de sa splendeur, ce Montréalais de naissance fréquentait les stars et les dirigeants politiques de la planète.

Avec ses associés, il a été accusé d'avoir détourné jusqu'à 60 millions de dollars entre 1999 et 2001 mais il n'a été reconnu coupable en première instance que d'avoir détourné, via l'attribution de bonus, 6,1 millions de dollars lors de la cession de journaux.

Il était déjà sorti de prison en juillet 2010 après une décision de la Cour suprême qui avait trouvé une faille dans la loi fédérale sur la fraude en vertu de laquelle il avait été condamné à l'origine à 78 mois de prison.

Dans le sillage de cette décision, la cour d'appel fédérale de Chicago avait annulé en octobre deux des quatre verdicts de culpabilité mais en avait maintenu deux autres, pour fraude et obstruction à la justice.

Ses avocats avaient plaidé en juin pour qu'il ne soit condamné qu'à 29 mois de détention -soit le temps qu'il avait déjà passé en prison. Mais la juge Amy St. Eve lui a infligé une peine de 42 mois. Début septembre, il a donc été de nouveau emprisonné afin de purger les 13 mois lui restant à accomplir.

En 2001, il avait renoncé à sa nationalité canadienne pour prendre la nationalité britannique afin de siéger à la Chambre des Lords et devenir "Lord Black of Crossharbour".

Or, l'octroi par le gouvernement canadien d'une autorisation de se réinstaller dans le pays a provoqué une tempête politique à Ottawa, où l'opposition a accusé le pouvoir d'avoir accordé à l'ancien patron de presse un traitement de faveur.

Sans attendre, Conrad Black a lancé des plaintes pour diffamation au Canada contre ses détracteurs qu'il accuse d'avoir provoqué la destruction de son empire médiatique.

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