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Tunis: L'Azerbaïdjanais Fatullayev reçoit le Prix de la liberté de la presse

03/05/2012 03:53 EDT | Actualisé 03/07/2012 05:12 EDT

Le journaliste azerbaïdjanais et militant des droits de l'Homme Eynulla Fatullayev a reçu jeudi le Prix mondial de la liberté de la presse Unesco/Guillermo Cano 2012 lors d'une cérémonie au palais présidentiel de Carthage, en banlieue de la capitale tunisienne, constaté l'AFP.

L'organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) qui décerne ce prix à l'occassion de la journée mondiale de la liberté de la presse a choisi de localiser l'événement en Tunisie en hommage à ce pays, berceau de la révolution qui a déclenché ensuite le "Printemps arabe".

"C'est un symbole, la Tunisie est le pays du changement démocratique", a déclaré à l'AFP le lauréat, qui a reçu son prix des mains de la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova.

Eynulla Fatullayev, 35 ans, est l'ancien rédacteur en chef et fondateur de l'hebdomadaire populaire indépendant en langue russe Realny Azerbaijan (l'Azerbaïdjan réel) et du quotidien en langue azérie Gundalik Azarbaycan (Le quotidien d'Azerbaïdjan).

Tout au long de sa carrière, il a défendu résolument et sans relâche la liberté de la presse et la liberté d'expression. Emprisonné en 2007, il a été libéré l'année dernière à la faveur d'une grâce présidentielle accordée à l'occasion du Jour de la République d'Azerbaïdjan, le 26 mai.

"C'est aussi symbolique pour moi d'être dans ce palais où était établi il y a peu un pouvoir despotique et où nous nous trouvons aujourd'hui en présence d'un président très démocratique", a ajouté le lauréat se référant au président Moncef Marzouki, ancien opposant au président déchu Ben Ali et défenseur acharné des droits de l'Homme.

M. Fatullayev a remercié le jury et l'Unesco pour "la reconnaissance" de ses efforts.

Le Prix de la liberté de la presse Unesco/Guillermo Cano a été créé en 1997 par le Conseil exécutif de l'Unesco. Décerné chaque année, il a pour vocation de distinguer le travail d'une personne ou d'une organisation s'employant à défendre ou promouvoir la liberté d'expression où que ce soit dans le monde, surtout si cette activité l'a amenée à mettre sa vie en danger.

En juillet 2011, Eynulla Fatullayev a créé l'Union publique pour les droits de l'Homme, une organisation non gouvernementale de défense des droits de l'Homme",

Présente à la cérémonie, la secrétaire d'Etat américaine adjoint Esther Brimmer a félicité le lauréat et exprimé la "préoccupation des Etat-Unis par l'état de la liberté d'expression dans la nouvelle Tunisie".

"Notre ambition est de voir les médias exercer un vrai pouvoir pour éclairer les autres pouvoirs", a déclaré le président tunisien, affirmant "préférer pour l'heure le chaos de la liberté aux méfaits de l'oppression".

La remise du prix coïncidait jeudi en Tunisie avec le jugement du directeur de la chaîne Nessma TV, Nabil Karoui, condamné au versement d'un amende pour la diffusion du film franco-iranien Persepolis dont une scène représentant Allah est jugée blasphématoire.

"La liberté d'expression est un principe fondamental", a affirmé Mme Bokova appelant à "un dialogue national nécessaire lorsque des sensibilités identitaires, religieuses ou autres se font jour".

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