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Tour d'Italie - Le Giro s'exporte malgré tout

03/05/2012 09:26 EDT | Actualisé 03/07/2012 05:12 EDT

Le Giro prend son départ samedi de la paisible cité de Herning, dans le lointain Danemark, à quelque 1500 kilomètres des frontières territoriales italiennes, suivant une tendance qui est loin de faire l'unanimité dans le cyclisme.

Pour la quatrième fois depuis 2002, le Tour d'Italie s'élance de l'Europe du Nord, cette fois du point le plus septentrional jamais atteint par un grand tour. Les raisons ? l'audience de la course en Scandinavie, avait expliqué l'an passé à l'AFP son ex-patron Angelo Zomegnan, et aussi le budget apporté par la candidature danoise. Soit deux éléments déterminants à l'heure du marketing-roi.

Si les villes d'accueil -Herning, la ville de naissance de Bjarne Riis, a longtemps espéré obtenir le Grand Départ du Tour de France- y trouvent leur compte, tout comme les finances des organisateurs, les équipes renâclent de plus en plus devant l'étendue des problèmes logistiques.

Pour les coureurs, un transfert aérien est prévu après les trois premières étapes danoises. Mais c'est par la route que la caravane, le personnel et le matériel des différentes formations doivent revenir en Italie, lors de la première des deux journées de repos fixée mardi, à la veille du contre-la-montre par équipes de Vérone.

Le déplacement aurait même pu être beaucoup plus conséquent si le dessein de l'ex-directeur du Giro avait pu se concrétiser. Le Giro envisageait de démarrer de... Washington, dont le maire avait fait état publiquement de son intérêt.

Douze étapes en douze jours

Les deux autres grands tours, la Vuelta, qui est partie des Pays-Bas en 2009, et le Tour de France sont eux aussi concernés par cette mode. Dans les candidatures reçues par ASO pour accueillir le Grand Départ du Tour, on relève les noms de villes ou de pays éloignés, voire exotiques: Tokyo, la Russie, le Qatar... Mais, assure la direction sportive du Tour, les difficultés de ce type de départ restent trop importantes pour que l'un de ces projets se réalise dans les années à venir.

Devant le risque de dénaturer l'identité des courses, faute de continuité territoriale comme celle que respecte le Tour de France 2012 qui partira de Liège (Belgique), l'Union cycliste internationale (UCI) envisage de modifier les règles. Sa commission compétente planche sur la possibilité de fixer une journée de repos pour tout transfert aérien significatif en début d'épreuve, en plus des deux journées de repos déjà prévues.

Si cette mesure avait été appliquée au Giro 2012, le parcours n'aurait pu présenter une succession de 12 étapes en 12 jours. La moitié d'entre elles dépasse le cap des 200 km et la plus longue (Montecatini Terme) atteint même 255 km. Il est vrai que les organisateurs ont dû composer avec les contraintes inhérentes au départ du Danemark, une décision datant de l'époque Zomegnan.

Sous sa direction, la course rose avait trouvé ces dernières années un nouveau souffle. Elle avait renoué avec la dimension héroïque du cyclisme, ressuscité le mythe des pionniers. Au risque d'être atteinte par la démesure d'un parcours ultra-montagneux (aux incessants transferts), qui a fini par décourager nombre de leaders d'équipes.

jm/sk

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