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Résolution de l'ONU: les deux Soudans prêts à la paix, pas de combats signalés

03/05/2012 06:44 EDT | Actualisé 03/07/2012 05:12 EDT

Les deux Soudans ont assuré être disposés à la paix, au lendemain d'une résolution de l'ONU intimant aux deux Etats voisins de mettre fin aux hostilités à leur frontière commune, où aucun combat n'était signalé jeudi.

"Il n'y a pas eu de combats depuis mardi" dans la zone frontalière, a affirmé jeudi matin le porte-parole de l'armée sud-soudanaise, le colonel Philip Aguer, à l'AFP.

Mercredi soir, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité une résolution exigeant du Soudan et du Soudan du Sud qu'ils cessent les hostilités dans les 48 heures et résolvent leurs différends en trois mois, sous peine de sanctions.

"C'est une bonne résolution, car elle va sanctionner ceux qui n'acceptent pas la décision et la feuille de route de l'UA (Union africaine) (...) ce que nous avons déjà fait de notre côté", a réagi jeudi le ministre sud-soudanais de l'Information, Barnaba Marial Benjamin, mettant implicitement en cause Khartoum.

Côté soudanais, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Al-Obeid Meruh, a indiqué jeudi que Khartoum confirmait "ses appels à la paix entre les deux Etats" et dit espérer "que le gouvernement du Soudan du Sud réagira positivement aux résolutions africaines et du Conseil de sécurité de l'ONU".

Tout en s'associant de nouveau aux efforts de l'UA pour mettre fin aux hostilités, la diplomatie soudanaise est restée vague dans sa réponse à la résolution de l'ONU soutenant le plan de l'UA.

Immédiatement après le vote du texte, le ministre sud-soudanais des Affaires gouvernementales, Deng Alor Kuol, avait affirmé à New-York que son pays "prenait l'engagement solennel de respecter" les termes de la résolution de l'ONU.

L'ambassadeur soudanais aux Nations-Unies, Daffa-Alla Elhag Ali Osman, avait de son côté réagi en estimant que le conflit devait se régler "à l'intérieur du continent africain sous la direction de M. (Thabo) Mbeki", le médiateur de l'UA.

Le Soudan avait déjà prévenu fin avril qu'il "rejetait tout effort pour entraver le rôle de l'Union africaine et porter la crise entre le Soudan et le Soudan du Sud au Conseil de sécurité de l'ONU", craignant que des "considérations politiques" prennent le pas sur "un règlement pacifique juste".

Signe que les tensions persistent et que la méfiance reste de mise malgré l'absence de combats, l'ambassadeur soudanais à l'ONU a estimé que la résolution "ignore l'agression continue menée par le Soudan du Sud contre le Soudan" et rappelé que ce dernier avait le droit de repousser toute incursion sur son sol.

A Juba, le colonel Aguer a de son côté souligné jeudi que les troupes sud-soudanaises avait renforcé leurs défenses le long de la frontière et restaient en alerte. "L'armée soudanaise continue de se préparer à attaquer nos positions", a-t-il affirmé.

Il a également émis des doutes sur l'efficacité de la résolution de l'ONU si elle n'est pas accompagnée de déploiement d'observateurs sur le terrain.

"Les souhaits ne suffisent pas, l'ONU devrait venir surveiller les frontières", a-t-il déclaré, soulignant que l'aviation soudanaise bombardait le Sud depuis deux ans.

"Je ne pense pas que Khartoum va s'arrêter juste parce que l'ONU le souhaite. Ils ont toujours nié les bombardements, mais alors qui bombarde? Sans observateurs pour mettre les responsables au pied du mur, je doute que cela les arrête", a-t-il ajouté.

Les tensions n'ont cessé de s'intensifier entre les deux voisins depuis l'indépendance du Soudan du Sud, proclamée en juillet 2011, en raison de différends jamais réglés, parmi lesquels le tracé de la frontière commune, le partage des revenus pétroliers et le statut de zones contestées, comme celle d'Abyei.

Des combats d'une ampleur sans précédents avaient éclaté fin mars dans la zone pétrolière contestée de Heglig, sous contrôle de l'armée soudanaise.

La crise avait atteint un pic le 10 avril, quand l'armée sud-soudanaise s'était emparée de Heglig, stratégique pour Khartoum qui tire de cette zone la moitié de sa production de brut depuis que le Soudan du Sud indépendant a hérité des trois-quarts des réserves pétrolières du Soudan d'avant la partition.

Ces tensions laissent craindre une possible guerre ouverte entre les deux voisins, qui se sont affrontés au cours de décennies de guerre civile meurtrière jusqu'à l'accord de paix de 2005 ayant débouché sur la sécession du Sud.

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