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RSF dénonce la répression des médias au Swaziland

03/05/2012 06:54 EDT | Actualisé 03/07/2012 05:12 EDT

L'association Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé jeudi la mise en coupe réglée des médias au Swaziland, petit royaume d'Afrique australe où l'autocensure est "généralisée" par peur de la répression du régime.

"L'autocensure est généralisée, la critique difficilement imaginable", constate RSF dans un communiqué publié à l'occasion de la journée mondiale pour la liberté de la presse, mettant en cause le régime du roi Mswati III, qui dirige le pays d'une main de fer depuis 1986.

"Les autorités rappellent régulièrement aux journalistes la conduite à tenir, en menaçant ceux qui critiqueraient le gouvernement d'être immédiatement +accusés de soutenir le terrorisme et arrêtés+", ajoute l'association, qui rappelle que les partis politiques sont interdits depuis 1973.

"La presse publique diffuse uniquement des informations contrôlées et validées par le ministère de l'Information. Les journaux indépendants ont d'énormes difficultés à accéder à l'information officielle", poursuit RSF.

Le Swaziland est secoué depuis l'an dernier par une crise économique sévère et des manifestations exigeant des réformes démocratiques, dont les dernières, en avril, ont été sévèrement réprimées.

Le pouvoir a demandé des sacrifices à une population déjà très pauvre, mais le roi et ses treize femmes n'ont pas pour autant réduit leur luxueux train de vie.

Selon la confédération syndicale sud-africaine Cosatu, très en pointe dans le soutien à l'opposition swazie, le régime aux abois a même empêché le déroulement normal des cortèges du 1er Mai pour la Fête du travail, en déployant tout un arsenal de mesures policières.

"Premièrement, les travailleurs ont été empêché de gagner les rassemblements par des blocus routiers et les organisateurs ont été persécutés" tandis que des militants portant des tee-shirts aux couleurs du Pudemo --le mouvement d'opposition basé en Afrique du Sud-- "se sont vus ordonnés, le pistolet pointé sur eux, de rentrer chez eux et menacés, sinon, d'être arrêtés en raison de leur tenue inappropriée", selon un communiqué du Cosatu.

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