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Le Tribunal pour la Sierra Leone réclame 80 ans de prison pour Charles Taylor

03/05/2012 01:20 EDT | Actualisé 03/07/2012 05:12 EDT

AMSTERDAM, Pays-Bas - La procureure générale du Tribunal spécial pour la Sierra Leone, Brenda Hollis, a requis jeudi une peine de 80 ans de prison contre l'ancien président du Liberia, Charles Taylor.

Le 26 avril, Charles Taylor a été reconnu coupable de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité pour avoir soutenu, en échange de «diamants du sang», les rebelles sierra-léonais qui ont perpétré des atrocités pendant la guerre civile, de 1991 à 2002.

Une peine d'emprisonnement de 80 ans «refléterait le rôle essentiel que M. Taylor a joué dans des crimes d'une ampleur et d'une gravité extrêmes», a expliqué Brenda Hollis dans son réquisitoire. Le verdict est attendu le mois prochain.

Âgé de 64 ans, Charles Taylor est le premier ancien chef d'État reconnu coupable par la justice internationale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le président du tribunal, Richard Lussick, avait déclaré le 26 avril que les procureurs avaient prouvé au-delà du doute raisonnable que Charles Taylor était «criminellement responsable» d'avoir aidé et soutenu les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) pendant la guerre civile.

Il a évoqué un soutien «durable et significatif», notant que l'ancien seigneur de la guerre, devenu par la suite président du Liberia, avait fourni aux rebelles des armes, des munitions et du matériel de communications et de planification.

En revanche, les juges n'ont pas retenu sa responsabilité dans le processus de commandement, estimant qu'il n'avait pas de contrôle direct sur les rebelles qu'il soutenait.

La guerre civile en Sierra Leone a fait plus de 50 000 morts. De très nombreux survivants portent des cicatrices de la guerre, tant sur le plan moral que physique. Les rebelles se sont rendus tristement célèbres en coupant les mains ou les bras de leurs victimes.

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