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Le ministère de la Défense nationale a retenu de l'information, dit Kevin Page

03/05/2012 11:49 EDT | Actualisé 03/07/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Le directeur parlementaire du budget a affirmé jeudi aux députés que le ministère de la Défense nationale avait refusé de fournir des informations essentielles à son bureau alors qu'il tentait d'évaluer les coûts réels du programme d'achat de la flotte de chasseurs F-35.

Selon Kevin Page, il est désormais évident que son bureau n'a obtenu que des renseignements partiels pour la rédaction de son rapport de mars 2011, qui avait finalement évalué à 29 milliards $ le coût total de la facture d'achat des 65 chasseurs furtifs F-35.

Devant le comité des comptes publics de la Chambre des communes, M. Page a signalé jeudi que le dernier rapport du vérificateur général avait révélé des lacunes dans les quelques documents d'information transmis par les responsables du ministère de la Défense nationale.

Or, en vertu d'une motion parlementaire, le ministère avait l'obligation de fournir la totalité des documents dont il disposait, selon M. Page, et les règles de présentation des coûts étaient clairement établies par une politique du Conseil du Trésor.

«Je crois que nous devons véritablement nous assurer que les informations transmises au conseil des ministres pour appuyer des décisions soient les mêmes que celles transmises aux parlementaires. Nous pourrons alors améliorer la confiance envers le gouvernement», a-t-il dit.

Le comité des comptes publics se penche actuellement sur le rapport du vérificateur général du Canada, Michael Ferguson. Le document déposé en avril émet des doutes quant aux allégations du gouvernement Harper, selon qui les appareils coûteraient en tout 14,7 milliards $. M. Ferguson en estimait plutôt le prix à 25 milliards $.

De leur côté, les députés conservateurs mettent en doute la méthode de calcul que M. Page a utilisée pour en arriver à ses conclusions.

Le vérificateur général a déclaré la semaine dernière devant un comité parlementaire que les ministres connaissaient le véritable prix de 25 milliards $ lorsqu'ils ont approuvé le budget du projet en deux phases en 2008. M. Ferguson a par ailleurs accusé le gouvernement d'avoir présenté deux estimations financières, une accusation qui a été niée par plusieurs ministres conservateurs et des responsables qui ont témoigné devant le même comité parlementaire que le vérificateur général.

Lors de la période de questions aux Communes, jeudi, le premier ministre Stephen Harper a nié qu'il y ait eu tentative d'induire le public en erreur, mais a de nouveau admis que les données conflictuelles soulevaient des inquiétudes. «Le vérificateur général a mis en doute l'exactitude de certains coûts; voilà pourquoi le gouvernement s'est engagé à réexaminer la question», a-t-il déclaré.

Les audiences du comité des comptes publics, jeudi, ont également permis d'établir une série de contradictions qui ont intrigué les députés de l'opposition.

Le chef d'état-major de l'armée de l'air, le lieutenant-général André Deschamps, a déclaré au comité que le F-35 était le seul appareil faisant l'objet d'une évaluation en vue d'un achat.

Le premier ministre a toutefois suggéré qu'il pourrait y avoir d'autres possibilités. «Il reste encore un certain nombre d'étapes à franchir et nous prévoyons examiner toutes les options avant de procéder», a dit M. Harper.

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