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L'armée égyptienne assure que la présidentielle sera "100% honnête"

03/05/2012 07:09 EDT | Actualisé 03/07/2012 05:12 EDT

L'armée égyptienne s'est engagée jeudi à ce que l'élection présidentielle prévue fin mai soit à "100% honnête", au lendemain d'affrontements meurtriers au Caire lors d'une manifestation hostile au pouvoir militaire.

"Nous sommes engagés à assurer des élections 100% honnêtes", a déclaré le général Mohammed al-Assar, membre du Conseil suprême des forces armées (CSFA) lors d'une conférence de presse.

"La transparence de l'élection ne fait pas de doute", a-t-il assuré.

De nombreuses critiques se sont élevées après la disqualification de dix des 23 candidats par la commission électorale au motif de dossiers de candidature incomplets ou irréguliers.

Ces critiques viennent tout particulièrement des partisans d'un leader salafiste, Hazem Abou Ismaïl, qui constituaient une grande partie des manifestants attaqués mercredi par des assaillants au Caire.

Les affrontements ont fait 20 morts selon des sources médicales, neuf selon les autorités.

D'après les autorités, la mère de M. Abou Ismaïl a obtenu la nationalité américaine, ce qui contrevient à la loi électorale.

Le premier tour de la première présidentielle depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011 est prévu les 23 et 24 mai, avec un second tour les 16 et 17 juin. L'armée a promis de rendre le pouvoir aux civils une fois le nouveau président élu. Mercredi, elle a précisé qu'elle était prête à le faire dès le 24 mai, si le président était élu au premier tour.

"Nous ne soutenons aucun candidat", a assuré le général Assar.

Depuis le départ de M. Moubarak "il y a eu de grands changements, il n'y aura pas de falsification de la volonté du peuple de nouveau", a-t-il poursuivi en faisant allusion aux fraudes qui marquaient autrefois les scrutins.

"Pourquoi les forces armées penseraient-elles à falsifier les élections? Si nous le voulions, nous aurions falsifié les législatives" qui se sont déroulées sur plusieurs mois fin 2011-début 2012, a-t-il poursuivi.

Le calme régnait jeudi matin près du ministère de la Défense au Caire, où ont eu lieu les violences de mercredi mais des centaines de personnes réclamant le départ du pouvoir militaire étaient toujours sur place.

L'armée et la police, qui étaient intervenues la veille pour mettre fin aux violences en installant un cordon entre protestataires et assaillants, ont gardé leurs positions.

Mercredi à l'aube, des assaillants non identifiés, accusés d'être des hommes de main en civil agissant sur commande, ont attaqué les protestataires qui étaient rassemblés depuis plusieurs jours.

Les deux camps ont échangé pendant des heures des jets de pierres et des cocktails molotov, tandis que des personnes, le corps en sang, étaient battues à coups de barres de fer. Des coups de feu ont également été entendus.

Les Etats-Unis se sont déclarés mercredi "très inquiets", et ont appelé le pouvoir militaire à mener une enquête sur ces violences.

iba-cr/feb

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