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Irak: report du procès du vice-président accusé d'une série de meurtres

03/05/2012 08:27 EDT | Actualisé 03/07/2012 05:12 EDT

Le procès prévu jeudi du vice-président irakien Tarek al-Hachémi, accusé de meurtres et jugé par contumace, a été reporté au 10 mai, ses avocats ayant demandé qu'il se déroule devant une juridiction spéciale, ses partisans dénonçant pour leur part une justice "politisée".

"Le procès a été reporté au 10 mai", a indiqué le porte-parole du Conseil supérieur de la justice, Abdelsattar Bayraqdar.

D'ici à cette date, un juge devra examiner la requête déposée jeudi par les avocats de M. Hachémi, l'un des plus importants dirigeants sunnites d'Irak, qui estiment que leur client doit être jugé par un tribunal spécial et non par la Cour criminelle centrale d'Irak.

"Dans toute l'histoire de l'Irak, il y a toujours eu un tribunal spécial pour juger des personnalités telles que les présidents et les Premiers ministres", a indiqué Mouayad al-Izzi, l'un des huit avocats de M. Hachémi.

Le vice-président irakien, qui a fui le pays, et certains membres de sa garde rapprochée sont poursuivis pour le meurtre de six juges et de plusieurs hauts responsables, dont le directeur général du ministère de la sécurité nationale et un avocat.

Aucun d'entre eux n'était présent jeudi au tribunal, a constaté un journaliste de l'AFP.

M. Hachémi et ses partisans dénoncent depuis des mois une procédure à des fins purement politiques, s'inscrivant dans le conflit qui oppose depuis décembre leur famille politique, le bloc Iraqiya, au Premier ministre, le chiite Nouri al-Maliki, qu'ils accusent d'autoritarisme.

"La justice est politisée", a estimé l'ancien Premier ministre Iyad Allawi, l'un des dirigeants du bloc politique Iraqiya, en conflit depuis des mois avec M. Maliki.

"Il y a beaucoup de preuves de cela, pas seulement liées à Tarek al-Hachémi, mais à des cas judiciaires antérieurs. Nous ne pensons pas qu'il y aura un procès équitable", a-t-il déclaré mercredi à l'AFP depuis Souleimaniyeh (nord).

Tôt dans la matinée de jeudi, un soldat avait été abattu et deux policiers démineurs blessés par l'explosion de trois bombes dissimulées en bord de la route à Harithiya, dans le quartier où devait s'ouvrir le procès, selon une source au ministère de l'Intérieur.

Au total, 73 anciens gardes du corps de M. Hachémi sont poursuivis dans ce procès et environ 150 charges au total ont pour l'heure été retenues contre les accusés, avait affirmé lundi le Conseil supérieur de la justice, sans toutefois préciser quels faits précis sont reprochés à M. Hachémi.

Après le lancement d'un mandat d'arrêt à son encontre en décembre, le vice-président irakien avait rejeté ces accusations et pris la fuite. Il avait trouvé refuge le 19 décembre auprès des autorités de la région autonome du Kurdistan irakien qui ont refusé de le livrer à la justice de Bagdad.

Il a officiellement quitté le territoire irakien pour la première fois le 1er avril pour se rendre au Qatar, puis en Arabie saoudite et en Turquie.

Lancées juste au moment du retrait américain du pays, les accusations contre M. Hachémi avaient ouvert une crise politique au sommet de l'Etat. Sa coalition avait un temps boycotté le gouvernement et le Parlement pour dénoncer la concentration du pouvoir aux mains du Premier ministre.

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