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Débat autour des ressources allouées à la protection de la santé des militares

03/05/2012 08:38 EDT | Actualisé 03/07/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Les conservateurs ont affirmé jeudi que les ressources visant à aider les soldats à gérer les effets de la guerre n'étaient pas réduites en raison des coupes budgétaires.

Des responsables syndicaux soutiennent qu'une dizaine de chercheurs et d'experts qui travaillent à régler des problèmes de santé mentale chez les soldats ont reçu un avis indiquant que leurs postes étaient menacés.

L'opposition a fustigé les réductions de dépenses, s'appuyant sur des statistiques publiées cette semaine montrant que les taux de suicide chez les soldats avaient atteint des records l'an dernier.

Des responsables du ministère de la Défense affirment cependant qu'aucune décision finale n'a été prise à ce propos. Pendant ce temps, ils ont plutôt décidé d'accroître le nombre d'employés de première ligne pour aider les soldats d'active et les vétérans.

Selon un communiqué émis par le ministre de la Défense Peter MacKay, les soins directement accordés aux patients ne seront en aucun cas affectés par les récentes mesures pour accroître l'efficacité.

Le renforcement de la capacité militaire est un aspect central du programme du gouvernement conservateur, qui s'est montré particulièrement sensible aux critiques envers les ministères qui offrent des services aux soldats.

La Défense a encaissé le plus fort coup lors du budget fédéral du mois de mars, et devra réduire ses dépenses de plus de 1 milliard $ au cours des trois prochaines années.

Aux yeux de responsables syndicaux, cela signifie que des milliers de civils soutenant le travail de l'armée perdront leur emploi, et que les tâches restantes retomberont sur les épaules des militaires.

Les syndicats, représentant des professionnels civils et des experts académiques au sein du ministère, ont affirmé que les réductions de dépenses nuiront aux services de santé mentale.

«Surveiller la santé des membres des Forces canadiennes n'est pas optionnel pour le ministère de la Défense», a déclaré par voie de communiqué Claude Poirier, président de l'Association canadienne des employés professionnels.

«Parce que les membres des Forces canadiennes sont généralement exclus des sondages sur la santé effectués par Statistiques Canada, les études du ministère sont essentielles pour identifier les problèmes de santé touchant les militaires, ainsi que pour cibler les zones d'intervention.»

Le député néo-démocrate Jack Harris dit ne pas trouver de réconfort dans la promesse du ministre MacKay d'augmenter les ressources.

Selon lui, ces augmentations correspondent à un retour au niveau de 2006, et qu'il y a depuis eu une augmentation non prévue du nombre de soldats nécessitant de l'aide.

Des statistiques dévoilées cette semaine par l'armée montrent que 20 soldats se sont suicidés en 2011, l'année qui a marqué la fin de la mission de combat en Afghanistan.

En 2010, 12 soldats s'étaient enlevé la vie.

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