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Criminaliser l'éloge de Kadhafi est dangereux selon défenseurs droits de l'Homme

03/05/2012 04:05 EDT | Actualisé 03/07/2012 05:12 EDT

Des organisations de défense des droits de l'Homme ont dénoncé jeudi la loi adoptée par les nouvelles autorités libyennes criminalisant la glorification du dirigeant libyen défunt Mouammar Kadhafi, redoutant qu'elle n'entrave la liberté d'expression.

"Cette nouvelle loi est un sinistre rappel de la loi draconienne qui servait à détruire toute dissidence pendant les quatre décennies du règne brutal de Mouammar Kadhafi", a indiqué Philip Luther, directeur d'Amnesty International pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

Le Conseil national de transition (CNT) au pouvoir en Libye a annoncé mercredi l'adoption d'une loi sur la "criminalisation de la glorification" du régime de Kadhafi, qui prévoit des peines de prison pour quiconque fait "l'éloge de Mouammar Kadhafi, son régime, ses idées ou ses fils" ou "la propagande de ce régime et de ses membres sous quelque forme que ce soit".

La loi prévoit en outre la perpétuité pour la diffusion de "rumeurs ou informations" si elles causent tout dégât au pays.

"Nous craignons que cette loi ait un effet figeant sur les médias qui commencent à émerger et qu'elle conduise à la détention de prisonniers d'opinion", a indiqué M. Luther.

Fred Abraham, conseiller spécial de Human Rights Watch, a condamné la loi jugeant qu'il s'agissait d'un retour dans le passé "terrible" et "dangereux".

"Cette loi use d'un langage très dangereux... ce sont des réminiscences des lois restrictives de la dictature qui vient tout juste d'être renversée", a-t-il indiqué à l'AFP.

"Le CNT devrait la retirer immédiatement", a-t-il ajouté.

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