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Conflit Soudan/Soudan du Sud: les forces supplétives impliquées

03/05/2012 09:26 EDT | Actualisé 03/07/2012 05:12 EDT

Juba et Khartoum, dont les armées s'affrontent depuis fin mars à leur frontière commune, s'accusent mutuellement de s'appuyer sur des forces supplétives - rébellions ou milices - pour déstabiliser l'autre sur son territoire.

Rappel des principales forces supplétives impliquées dans le conflit entre les deux Soudans.

GROUPES ARMES AU SOUDAN

- Forces anti-Khartoum:

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Le Front révolutionnaire soudanais (SRF):

Coalition des principales forces rebelles actives au Soudan, formé en 2011, le SRF veut renverser le gouvernement de Khartoum, qui, selon lui, ne représente pas la diversité politique, ethnique et religieuse du pays.

Le Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM):

Membre du SRF, le JEM est le plus militarisé des groupes rebelles de l'Etat soudanais du Darfour. Issu des tribus non-arabes de la région, le JEM s'est soulevé contre le gouvernement de Khartoum, à majorité arabe, en 2003. En 2008, le mouvement avait lancé un assaut inédit sur la capitale soudanaise, avant d'en être repoussé. Des combattants du JEM ont récemment été vus aux côtés de troupes sud-soudanaises, mais le JEM et les forces de Juba démentent toute alliance.

L'Armée de libération populaire du Soudan - branche Nord (SPLA-N):

Les membres de la SPLA-N ont combattu aux côtés des rebelles sud-soudanais de la SPLA de 1983 à 2005, dernière vague du conflit civil entre Nord et Sud avant les accords de paix ayant débouché sur la partition du Soudan en juillet 2011.

La SPLA-N, membre du SRF, s'est retrouvée isolée lors de la partition. En juin 2011, à la veille de la sécession, des combats ont éclaté dans les monts Nuba, dans l'Etat soudanais du Kordofan-Sud, quand la SPLA-N a dénoncé des fraudes électorales et que Khartoum a tenté de la désarmer. Les violences se sont étendues à l'Etat soudanais du Nil Bleu. Le SPLA-N dit prendre ses armes aux troupes soudanaises et dément tout soutien du Soudan du Sud.

- Forces pro-Khartoum:

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Les Forces de défense du peuple (PDF):

Créée au temps de la guerre civile avec le Sud, cette milice pro-Khartoum se battait et se bat toujours au côté de l'armée soudanaise, dont elle est devenue une importante composante. En mars, le président soudanais, Omar el-Béchir, a réclamé de nouveaux camps d'entraînement pour de nouvelles recrues des PDF.

Milices tribales:

Des tribus arabes d'éleveurs nomades, lourdement armées, sont actives en zones frontalières. Parmi elles, les Rizeigat et Misseriya, soutiens essentiels de Khartoum lors de la guerre civile entre 1983 et 2005. Ces tribus emmènent tous les ans leur bétail paître dans le Sud et dans la région contestée d'Abyei. Ils craignent désormais, malgré des garanties du Sud, que la route leur soit barrée.

GROUPES ARMES AU SOUDAN DU SUD

- Forces anti-Juba:

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Le Mouvement/Armée de libération du Soudan du Sud (SSLM/A):

Ce groupe rebelle compte jusqu'à 1.800 hommes, basés dans l'Etat sud-soudanais pétrolifère d'Unité, frontalier du Soudan. Il est commandé par James Gai Yoach depuis que son ex-dirigeant, le seigneur de guerre Peter Gadet, a accepté une amnistie en 2011. Ses commandants étaient auparavant basés à Khartoum.

Le Mouvement/Armée démocratique sud-soudanais (SSDM/A):

Actif dans les Etats sud-soudanais du Haut-Nil et de Jonglei, le mouvement s'est fragmenté après la mort de son chef, George Athor, tué en 2011. L'une des factions, menée par Johnson Olony, compte plusieurs centaines de combattants de l'ethnie Shilluk dans l'Etat du Haut-Nil.

David Yauyau:

Ancien étudiant en théologie, d'ethnie Murle et originaire de l'Etat de Jonglei, il a lancé une nouvelle rébellion en 2010, avant de signer un cessez-le-feu en 2011. Il aurait repris les armes en 2012, épaulé par quelque 200 hommes armés.

- Autres:

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L'armée blanche:

Milice issue de la guerre civile, durant laquelle elle était armée par Khartoum, il s'agit maintenant surtout d'une alliance disparate, composée essentiellement de jeunes de l'ethnie Lou Nuer de l'Etat sud-soudanais de Jonglei.

Leur but est surtout de défendre le bétail et les biens de leurs communautés contre des raids de groupes rivaux. Début 2012, une colonne de 8.000 hommes ont ainsi attaqué un groupe Murle rival après une série d'agressions éclairs.

L'Armée de résistance du seigneur (LRA):

Le groupe rebelle, dirigé par le fugitif de la Cour pénale internationale (CPI) Joseph Kony, est actif aux confins du Soudan du Sud, de la République démocratique du Congo et de la Centrafrique, ainsi que dans les Etats sud-soudanais du Bahr-el-Ghazal occidental, frontalier du Soudan, et de l'Equateur occidental. Pendant la guerre civile soudanaise, Khartoum soutenait la LRA. L'Ouganda, où est née la LRA, était de son côté derrière le Sud. Khartoum est encore aujourd'hui accusée par Juba de soutenir le groupe de Kony pour déstabiliser le Soudan du Sud.

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