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Chen Guangcheng demande à aller aux Etats-Unis mais pas forcément l'asile (association)

03/05/2012 03:06 EDT | Actualisé 03/07/2012 05:12 EDT

Le dissident chinois Chen Guangcheng veut partir pour les Etats-Unis mais ne demande pas forcément l'asile politique car il tient à pouvoir retourner dans son pays, a déclaré jeudi à Washington un militant associatif qui soutient l'avocat aveugle.

Lors d'une conférence de presse, Bob Fu, président de l'association ChinaAid, qui défend la liberté religieuse en Chine, a indiqué qu'il avait parlé mercredi soir par téléphone avec Chen Guangcheng, hospitalisé à Pékin après avoir passé six jours dans les murs de l'ambassade des Etats-Unis.

"Il se sentait très seul, il pleurait et n'arrêtait pas de dire: +aide-moi à venir aux Etats-Unis avec ma famille+", a rapporté M. Fu.

"Il n'a pas utilisé spécifiquement le mot +asile+. Il a dit très clairement qu'il ne se sentait pas du tout en sécurité (en Chine) et qu'il voulait venir aux Etats-Unis pour se reposer, pour une visite ou pour suivre un traitement médical", a ajouté le militant associatif.

M. Fu a appelé l'administration américaine à faire pression sur le gouvernement chinois pour qu'il accorde rapidement un passeport à M. Chen. Il a expliqué que si le dissident demandait l'asile politique aux Etats-Unis, il ne pourrait jamais retourner en Chine.

"C'est presque de la trahison de demander en Chine l'asile dans un autre pays", a-t-il souligné. Chen Guangcheng "veut pouvoir retourner en Chine et, dans son esprit, demander le droit d'asile est à sens unique: il ne pourra jamais retourner en Chine", a indiqué Bob Fu.

Chen Guangcheng, connu pour son combat contre les avortements et stérilisations forcées, a accepté mercredi de quitter l'ambassade des Etats-Unis après avoir reçu des garanties pour sa sécurité. Mais il a ensuite fait savoir qu'il se sentait menacé et souhaitait quitter la Chine.

La diplomatie américaine dément avoir fait pression sur lui pour qu'il quitte les lieux.

Interrogé jeudi lors de son point de presse quotidien, le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a refusé de dire si les Etats-Unis accorderaient l'asile à M. Chen, jugeant cette question "hypothétique".

"Ce n'est pas un dossier que nous traitons ici. Cela relève du département d'Etat", a-t-il déclaré.

col/bar/sam

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