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Bissau: l'Afrique de l'Ouest exige la libération des détenus sans jugement

03/05/2012 03:56 EDT | Actualisé 03/07/2012 05:12 EDT

Les chefs d'Etat ouest-africains ont exigé "la libération de toutes les personnes encore illégalement détenues" en Guinée-Bissau depuis le coup d'Etat militaire du 12 avril, dans un communiqué publié jeudi à l'issue d'un sommet à Dakar consacré aux crises bissau-guinéenne et malienne.

Les chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont "salué la libération du Premier ministre Carlos Gomes Junior et du président par intérim Raimundo Pereira", mais exigé la "libération de toutes les personnes encore illégalement détenues dans le pays".

MM. Pereira et Gomes Junior avaient été arrêtés lors du coup d'Etat mené par le général Antonio Indjaï, chef d'état-major des armées, qui a interrompu le processus électoral en cours, Carlos Gomes Junior étant donné favori pour le second tour de la présidentielle qui était prévu le 29 avril. Libérés le 27 avril et réfugiés à Abidjan, ils ont assisté au sommet de Dakar.

Les chefs d'Etat ont confirmé leur décision prise lors d'un précédent sommet le 26 avril à Abidjjan "d'instaurer une transition de 12 mois".

"Pour diriger la transition, le sommet recommande que l'Assemblée nationale renouvelle son bureau et le nouveau président de l'Assemblée assurera la fonction de président par intérim, ensuite un Premier ministre de consensus sera désigné pour conduire un gouvernement de large ouverture", précise le communiqué.

Il ajoute que "le sommet recommande que le président intérimaire et le Premier ministre de transition ne seront pas candidats à la présidentielle".

La principale exigence de la junte militaire au pouvoir à Bissau est que Raimundo Pereira, ancien président de l'Assemblée nationale, n'assure plus la présidence par intérim qu'il avait prise constitutionnellement après la mort en janvier du président Malam Bacaï Sanha.

Concernant l'envoi d'une force ouest-africaine à Bissau, le sommet a décidé qu'elle "sera déployée pour garantir le retrait de la Misang (Mission angolaise) et assurer la sécurité de la transition". Il ne donne pas de délai, alors que le sommet d'Abidjan avait demandé l'envoi de cette force "avec effet immédiat".

Cette force doit remplacer les quelque 600 soldats angolais de la Misang présents en Guinée-Bissau depuis 2011, mais contestée par les auteurs du coup d'Etat qui ont accusé les Angolais de servir le pouvoir de MM. Pereira et Gomes Junior.

Le sommet a enfin décidé du maintien des sanctions diplomatiques, économiques et financières de la Cédéao décidées dimanche "jusqu'à l'application par les protagonistes des décisions prises par la Cédéao".

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