NOUVELLES

Bahreïn amende sa Constitution sans satisfaire l'opposition

03/05/2012 01:26 EDT | Actualisé 03/07/2012 05:12 EDT

Le roi de Bahreïn a ratifié jeudi une série d'amendements constitutionnels destinés à apaiser les tensions dans cet Etat du Golfe, mais l'opposition a qualifié d'"insuffisants" les pouvoirs supplémentaires accordés au Parlement.

"Le processus de réforme qui a marqué le début de mon règne ne cessera pas", a déclaré à l'occasion d'une cérémonie de ratification le roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa, de confession sunnite et qui a accédé au trône dans ce pays majoritairement chiite en 1999.

"Les portes restent ouvertes au dialogue destiné à obtenir un consensus national", a-t-il ajouté, en allusion à l'opposition chiite qui a été le fer de lance de manifestations pro-démocratie réprimées par la force en février et mars 2011.

En vertu de ces amendements, le roi doit désormais consulter les dirigeants du Parlement élu et du Conseil consultatif, la chambre haute dont les membres sont nommés, avant de dissoudre ces instances.

Seule la chambre élue a désormais le pouvoir de voter sa défiance au Premier ministre avant d'en référer au roi. Ce dernier peut alors choisir de limoger le chef de gouvernement ou de le laisser en place.

Mais il n'a pas répondu aux demandes de l'opposition, qui réclame notamment un gouvernement issu d'élections et la suppression du Conseil consultatif.

"Le roi reste celui qui nomme et limoge le gouvernement" a souligné Abdoul Jalil Khalil, un membre dirigeant du parti chiite Wefaq, principal mouvement d'opposition.

L'opposition veut "un Parlement composé d'une seule chambre élue, comme stipulé dans la Constitution de 1973", a-t-il ajouté, déplorant que "ces amendements ne suppriment pas le Conseil consultatif".

Cette instance a été crée en 2002, dans le cadre d'une nouvelle Constitution qui a transformé Bahreïn d'émirat en royaume.

L'oppsition avait entamé un dialogue avec le prince héritier Salmane Ben Hamad Al-Khalifa lors des manifestations pro-démocratie ayant débuté en février 2011, mais les pourparlers ont tourné court lorsque les autorités ont fait appel aux pays voisins du Golfe qui sont intervenus militairement pour écraser la révolte le mois suivant.

Malgré un tour de vis sécuritaire et une importante campagne d'arrestations et de licenciements visant des chiites, les protestataires sont retournés dans la rue, ternissant l'image du Grand prix de Formule 1 qui s'est couru dans le royaume en avril, en plein remous politique.

Selon Amnesty International, près de 60 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations.

ak/kir/cnp/sw

PLUS:afp