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Argent versé à la campagne de Sarkozy: l'ex-premier ministre libyen confirme

03/05/2012 02:51 EDT | Actualisé 03/07/2012 05:12 EDT

PARIS - L'ancien premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi a confirmé le financement de la campagne électorale de 2007 du président français Nicolas Sarkozy par le régime de Mouammar Kadhafi, a déclaré son avocat jeudi.

Lors d'un entretien téléphonique avec l'Associated Press, l'avocat Béchir Essid a déclaré que cette question avait été évoquée avec son client depuis déjà quatre mois, lorsqu'il lui a rendu visite en prison pour examiner les moyens d'assurer sa défense.

Incarcéré depuis plus d'un an dans la prison de Mornag, près de Tunis, pour «franchissement illégal de la frontière», l'ancien premier ministre libyen est sous le coup d'une extradition décidée par la justice tunisienne. Selon son avocat, il craint d'être livré aux nouvelles autorités libyennes «en raison probablement des secrets qu'il détient».

«M. Mahmoudi était peiné et perplexe de voir M. Sarkozy s'en prendre au régime libyen (déchu) et être l'instigateur de l'offensive de l'OTAN contre son pays, alors que, disait-il, nous l'avons aidé et contribué à sa réussite» électorale, a relaté l'avocat.

Baghdadi Mahmoudi a déclaré à son avocat que «l'opération (de financement) a bien eu lieu», confirmant l'existence d'un document signé par l'ancien chef du renseignement libyen, Moussa Koussa, dans le cadre de «la valise africaine», en notant que le montant se situait aux environs de 50 millions d'euros.

Le site d'informations Mediapart a publié samedi le fac-similé d'un document présenté comme une note officielle du régime de Mouammar Kadhafi, datée de décembre 2006, dans laquelle l'ancien dictateur libyen donnerait son accord de principe pour financer à hauteur de 50 millions d'euros la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Le président français a dénoncé un «faux grossier».

Le parquet de Paris a annoncé, lundi soir, l'ouverture d'une enquête préliminaire après avoir reçu la plainte du président sortant contre le site Internet pour «faux et usage de faux» et «publication de fausses nouvelles». Mediapart a répliqué par une plainte pour «dénonciation calomnieuse» mercredi.

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