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On ne peut déterminer la cause de l'écrasement qui a fait 2 morts en déc. 2009

02/05/2012 04:36 EDT | Actualisé 02/07/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - La cause de l'écrasement d'un petit avion BEECH A100 de la compagnie Exact Air, qui a fait deux morts et deux blessés graves le 9 décembre 2009 à l'aéroport de Chicoutimi - Saint-Honoré, demeurera à jamais un mystère.

Le Bureau de la sécurité des transports (BST), qui a rendu public son rapport mercredi à Montréal, n'a pas réussi à déterminer pourquoi l'appareil avait poursuivi sa descente jusqu'au sol en approchant l'aéroport alors qu'il se trouvait encore à cinq kilomètres de la piste.

L'écrasement avait coûté la vie aux pilotes Vincent Bradette et Jean-Yves Boutin. Deux employés d'une compagnie minière, Claude Francoeur et Darcy Breton, avaient été gravement blessés.

L'enquête a démontré qu'il n'y avait aucun problème mécanique avec l'appareil, dont l'entretien et l'équipement respectaient les normes établies. L'équipage était qualifié et bien formé. Bien que la météo ait forcé un atterrissage aux instruments, l'enquêteur Pierre Gavillet ne croit pas que cela ait eu un impact significatif.

«Il y avait une tempête de neige le soir de l'accident avec des averses de neige et de la poudrerie. Toutefois, les pilotes volent couramment dans ces conditions», a-t-il expliqué.

Les enquêteurs déplorent qu'il n'y ait pas eu d'enregistreur de vol à bord de l'appareil et estiment que Transport Canada devrait «encourager l'installation (de tels enregistreurs) à bord des aéronefs où ils ne sont pas requis», ce qui est le cas dans les petits appareils de ce type.

«Sans enregistreur, il n'était pas possible d'établir ce qui a été dit et fait dans le poste de pilotage, rendant ainsi l'enquête beaucoup plus complexe», a indiqué M. Gavillet.

Les enquêteurs du BST émettent par ailleurs deux recommandations importantes, touchant la méthode d'approche dite de «non-précision», comme celle utilisée pour l'approche aux instruments à Chicoutimi.

Ils recommandent d'une part que Transport Canada exige une technique de descente stable avec un angle constant pour l'atterrissage plutôt que l'approche en paliers actuellement privilégiée. La descente en paliers exige beaucoup plus d'efforts du pilote et place l'appareil beaucoup plus près du sol sur une longue distance, ce qui augmente considérablement le risque d'accident.

D'autre part, ils demandent à Transport Canada d'exiger que les cartes d'approche de non-précision des aéroports comprennent la trajectoire de vol optimale à suivre pour adopter cette technique d'approche.

Les taxis aériens _ de petits avions comme le BEECH A100 _ ont été impliqués dans 230 accidents de ce type entre 2000 et 2009, soit 12 fois plus que les avions de ligne. Ils représentent 70 pour cent de tous ces accidents commerciaux.

«Les taxis aériens sont les plus exposés et les plus touchés par ce type d'accident. Donc il faut agir», a indiqué Nancy Fox, qui représentait le BST lors de la présentation du rapport.

Elle a souligné que la technique d'approche en descente stable avec un angle constant a été adoptée en Europe, en Australie et au Japon depuis plusieurs années déjà.

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