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Les deux candidats à la présidentielle française s'affrontent dans un débat

02/05/2012 06:54 EDT | Actualisé 02/07/2012 05:12 EDT

PARIS - Le président français Nicolas Sarkozy a plusieurs fois accusé son adversaire socialiste François Hollande de mentir, mercredi soir, lors du débat télévisé entre les deux candidats du second tour de la présidentielle en France.

Les échanges animés entre les deux candidats montrent à quel point la course est serrée, en particulier pour le président sortant, qui tire de l'arrière dans les sondages sur les intentions de vote. Le débat était considéré comme la dernière chance pour Nicolas Sarkozy de convaincre les électeurs de lui accorder un deuxième mandat.

«C'est un mensonge! C'est un mensonge!», a répété Nicolas Sarkozy durant un échange sur les politiques économiques. Le candidat socialiste a de son côté nié plusieurs allégations lancées par son rival en affirmant: «Je n'ai jamais dit ça».

Nicolas Sarkozy estime que la France devrait procéder à d'autres coupes budgétaires, tandis que François Hollande favorise des programmes de relance de l'économie financés par le gouvernement.

Le président sortant a rejeté les critiques sur sa gestion de l'économie en soulignant le manque d'expérience gouvernementale de François Hollande.

«Pardon de vous le dire, j'ai participé à tous les sommets européens, vous n'avez participé à aucun», a lancé le chef de l'État au candidat socialiste.

«C'est bien normal, puisque vous êtes le président», a répliqué M. Hollande.

Alors que son adversaire milite pour une renégociation du traité européen de discipline budgétaire, le président sortant s'est félicité de l'action qu'il a menée pour «résoudre la crise de l'euro».

«Vous croyez que ça a été facile, M. Hollande? Vous croyez qu'il suffit d'arriver en mettant son petit costume, en disant: mettez-vous tous d'accord?» a lancé Nicolas Sarkozy. «Vous savez que c'est 27 pays en Europe?»

Le candidat socialiste a quant à lui appelé à l'unité nationale et à la justice, en évoquant à répétition l'un de ses thèmes de campagne, le «rassemblement», pour tracer un contraste entre M. Sarkozy et lui.

«Vous n'êtes pas capable de tenir un raisonnement sans être désagréable avec votre interlocuteur. Et après, vous dites que vous êtes un président rassembleur?», a raillé François Hollande.

Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il était injustement blâmé pour les problèmes économiques de la France après une année de crise et a martelé qu'il n'en était pas le coupable.

«Monsieur Sarkozy, vous allez avoir du mal à vous poser en victime», a répliqué François Hollande. «Ce n'est jamais votre faute. Vous avez toujours un bouc émissaire. "Ce n'est pas moi, c'est la crise qui m'a frappé."»

Le président sortant a estimé que le programme économique de son adversaire socialiste ferait exploser la dette publique de la France et ferait du tort au reste de l'Europe.

M. Hollande a critiqué les réformes fiscales décidées par le président, considérées par la gauche comme trop favorables aux riches.

«Nous sortons de cinq années pendant lesquelles la France (...) a été divisée», a dit le socialiste.

«Affirmer que nous avons fait des cadeaux aux riches est une calomnie. C'est un mensonge», a répliqué M. Sarkozy, ce qui a fait rire François Hollande.

Nicolas Sarkozy a semblé prendre une position de prédateur dès le début et est resté incliné vers l'avant de son bureau tout au long du débat. François Hollande s'est plusieurs fois penché en arrière sur sa chaise et à un certain moment, il a semblé bâiller.

Dans un autre contexte, la posture combative du président sortant aurait pu être perçue comme une bonne approche dans un débat. Mais les critiques de Nicolas Sarkozy lui reprochent justement sa personnalité agressive et son attitude de mercredi soir pourrait ne pas jouer en sa faveur.

Tous les sondages prédisent la défaite de Nicolas Sarkozy au second tour, qui aura lieu dimanche.

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