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Le dissident chinois Chen Guangcheng a quitté l'ambassade américaine

02/05/2012 05:34 EDT | Actualisé 02/07/2012 05:12 EDT

PÉKIN, Chine - Le dissident chinois Chen Guangcheng, un avocat aveugle qui s'était réfugié à l'ambassade américaine à Pékin, n'a pas demandé l'asile politique aux États-Unis et veut rester en Chine, a déclaré un responsable américain mercredi. Mais le dissident a par la suite exprimé le souhait de quitter le pays, disant craindre pour sa sécurité et celle de sa femme.

Chen Guangcheng, âgé de 40 ans, s'est réfugié à l'ambassade des États-Unis après s'être échappé le 22 avril de son domicile de Dongshigu, dans la province de Shandong, où il était assigné à résidence depuis septembre 2010. Ce militant des droits de la personne a purgé quatre ans de prison pour avoir dénoncé la politique de l'enfant unique en Chine et dénoncé des cas de stérilisation et d'avortement forcés.

D'après des responsables américains, Chen Guangcheng a accepté de quitter l'ambassade mercredi en vertu d'un accord lui permettant d'être soigné à Pékin, de retrouver sa famille et de pouvoir déménager dans un endroit sûr.

Son départ de l'ambassade est intervenu peu après l'arrivée à Pékin de la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, pour deux jours de discussions dans le cadre du 4e Dialogue stratégique et économique sino-américain.

Sur le chemin de l'hôpital de Chaoyang en compagnie de l'ambassadeur américain Gary Locke, Chen a téléphone à son avocat, Li Jinsong, et lui a dit: «Je suis libre, j'ai reçu des assurances claires».

Selon un haut responsable américain ayant requis l'anonymat, «Chen Guangcheng est arrivé dans un établissement médical à Pékin où il va recevoir un traitement médical et retrouver sa famille».

L'agence de presse officielle Chine Nouvelle a confirmé que Chen avait quitté l'ambassade américaine «de son propre chef», après y avoir trouvé refuge pendant six jours. Selon Chine Nouvelle, le ministère chinois des Affaires étrangères demande à Washington d'«excuser cette incursion d'un citoyen chinois» dans l'ambassade.

D'après un responsable américain, Chen n'a pas demandé l'asile politique aux États-Unis et a souhaité rester en Chine, après avoir reçu l'assurance qu'il serait traité normalement. Les autorités chinoises ont promis de lui permettre de déménager dans un endroit sûr et de pouvoir étudier à l'université, a ajouté ce responsable sous le couvert de l'anonymat.

Les autorités avaient mis en place un important dispositif de sécurité autour de son domicile de Dongshigu, embauchant des résidants pour le surveiller en permanence et éloigner toute personne étrangère ou possible visiteur.

Selon Amnistie internationale, qui a appelé le gouvernement chinois à garantir sa sécurité et celle de sa famille, Chen a été molesté durant son assignation à résidence.

D'après une amie proche du dissident, Zeng Jinyan, les autorités chinoises ont contraint Chen à choisir entre partir en exil seul ou rester en Chine avec sa famille. Zeng a expliqué avoir parlé au téléphone avec le dissident, qui lui a dit que sa femme avait été menacée de mort. Il a dû accepter de rester en Chine «parce que personne ne peut protéger sa famille», a déclaré Zeng Jinyan.

Joint au téléphone par l'Associated Press dans sa chambre d'hôpital, Chen Guangcheng a déclaré que les autorités chinoises avaient effectivement menacé de tuer sa femme s'il ne quittait pas l'ambassade des États-Unis. Il a dit en avoir été informé par des responsables américains.

«Ils ont dit que si je ne partais pas, ils (les responsables chinois) renverraient mes enfants et ma famille dans le Shandong», a ajouté Chen.

«Je pense que nous souhaiterions nous reposer dans un endroit hors de Chine», a-t-il dit, en appelant les autorités américaines à l'aide. «Aidez nous, ma famille et moi, à partir en sécurité», a-t-il dit.

Interrogé à ce sujet, un responsable américain a déclaré ne pas être informé de ces menaces. En revanche, a-t-il dit, Chen a été prévenu qu'il serait renvoyé à Dongshigu s'il restait à l'ambassade.

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