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Irak: les médias sous pression croissante des autorités (ONG)

02/05/2012 04:33 EDT | Actualisé 01/07/2012 05:12 EDT

Les médias irakiens sont soumis à des restrictions croissantes des autorités, qui préparent des lois liberticides et traitent les détenteurs de caméras comme des conducteurs de "voitures piégées", selon la principale association de défense de la liberté de la presse en Irak.

L'Observatoire des libertés de la presse (JFO) a "constaté une nette augmentation du niveau de violence contre les journalistes et employés des médias et dans les restrictions imposées à leur travail", indique-t-il dans un communiqué publié dans la nuit de mardi à mercredi, avant la journée mondiale de la liberté de la presse le 3 mai.

Trois journalistes ont été tués au cours de l'année écoulée et sept autres ont échappé à des tentatives d'assassinat. En outre, 31 reporters ont été frappés par les forces de l'ordre et 65 arrêtés, souligne l'organisation.

Ce constat intervient alors qu'un reporter de la chaîne satellitaire al-Rachid a été grièvement blessé par l'explosion de bombes magnétiques attachées à sa voiture mardi soir.

Majid Hamid, 32 ans, venait de rendre visite à un proche au sud de Bagdad lorsque les détonations se sont produites, selon Ahmed Mullah Tallal, un présentateur de la chaîne.

Outre les risques d'attentats, "le gouvernement introduit de nombreux projets de lois susceptibles de fortement limiter la liberté de la presse, la liberté d'expression en général et l'utilisation d'internet", déplore le JFO. "Le travail des journalistes et employés des médias, surtout ceux qui ont un appareil photo/caméra, est devenu très compliqué", souligne-t-il.

"Les forces de sécurité se comportent avec un journaliste porteur d'une caméra comme avec les personnes qu'elles trouvent en possession d'une voiture piégée ou d'armes non autorisées", souligne le JFO, évoquant des arrestations menées "avec des méthodes ressemblant plus à des enlèvements qu'à des interpellations officielles et donnant lieu à des menaces de mort".

Le JFO s'insurge contre des textes, dont certains ont déjà été adoptés, visant à "contrôler les médias et limiter l'accès des citoyens irakiens à l'information".

C'est le cas d'un projet de loi présenté par le conseil des ministres sur "les crimes liés à l'information", actuellement en cours d'examen au Parlement, et qui pourrait "imposer des restrictions déraisonnables et des peines extrêmement dures pour l'utilisation d'internet".

Son phrasé "souvent vague" est conçu de façon à lui permettre "d'être interprété arbitrairement" et il permet des peines d'emprisonnement à vie, dénonce le JFO. "Tout cela va clairement à l'encontre des critères et lois internationaux", constate-t-il.

L'Irak occupe la 152e place sur 179 du classement mondial de la liberté de la presse 2011/2012 établi par Reporters sans frontières.

ahe-ak/sw

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