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Coup d'éclat de Greenpeace contre une centrale nucléaire française

02/05/2012 02:34 EDT | Actualisé 02/07/2012 05:12 EDT

PARIS - L'organistation écologiste Greenpeace a mené un nouveau coup d'éclat, mercredi, pour dénoncer la «vulnérabilité» des installations nucléaires françaises. Un militant a survolé en paramoteur la centrale du Bugey, à 35 kilomètres à l'est de Lyon, et a déposé des fumigènes sur l'un des réacteurs avant d'atterrir sur le site, selon l'organisation.

La société Électricité de France (EDF), qui exploite la centrale, a assuré que la sécurité des installations n'avait jamais été mise en cause.

Dans un communiqué, la direction d'EDF a fait savoir que le pilote avait été «immédiatement appréhendé» par les gendarmes, confirmant qu'il avait atterri sur le site de la centrale, mais «en dehors de la zone du bâtiment réacteur».

«Les mesures de sécurité qui ont été renforcées en fin d'année 2011 ont permis une détection et une appréhension immédiate de l'auteur de l'intrusion», affirme EDF.

Le dispositif de sécurité avait été renforcé après un premier coup d'éclat de Greenpeace, qui avait réussi une intrusion dans la centrale de Nogent-sur-Seine le 5 décembre, au début de la campagne présidentielle, en plein débat sur le nucléaire. Plusieurs militants avaient pénétré sur le site et deux d'entre eux étaient même montés sur le dôme de l'un des deux réacteurs, avant d'être délogés par la police. Un mois après cette intrusion, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, avait présenté un «plan d'action» pour accroître la sécurité autour des centrales nucléaires françaises.

Cette fois, Greenpeace entendait démontrer que les centrales françaises restent exposées à «la menace aérienne». Vers 7 h 40, un militant a ainsi survolé la centrale du Bugey. «Il a réussi à déposer des fumigènes sur l'un des réacteurs et a atterri à l'intérieur du site», affirme l'organisation.

«Alors que l'Allemagne a pris en compte la chute d'avions dans ses tests de sûreté, la France refuse toujours d'analyser ce risque pour nos centrales», a déploré Sophia Majnoni d'Intignano, chargée du dossier nucléaire chez Greenpeace France.

À quatre jours du second tour de l'élection présidentielle française, Greenpeace a interpellé les deux candidats, le président sortant Nicolas Sarkozy et son rival socialiste François Hollande, pour qu'ils «s'engagent à lancer une analyse approfondie des risques d'agressions extérieures d'origine humaine sur les centrales nucléaires, dont la chute d'avions fait partie».

«Il y a 60 ans, au moment de leur conception, la chute d'un avion de ligne sur les centrales nucléaires françaises, qu'elle soit accidentelle ou intentionnelle, était à peine envisagée. Dans un monde "post 11-Septembre", ce risque doit être sérieusement étudié», a souligné Sophia Majnoni d'Intignano. La catastrophe de Fukushima au Japon «nous a enseigné que le plus improbable peut arriver», a-t-elle ajouté.

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