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Construction: la campagne de maraudage entre syndicats commence

02/05/2012 01:32 EDT | Actualisé 02/07/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - La campagne de maraudage dans l'industrie de la construction vient de commencer. Les syndicats seront très actifs pour tenter de séduire les quelque 160 000 ouvriers du Québec, qui pourront choisir ou non de changer d'allégeance, lors d'un scrutin, en juin.

Les deux principales organisations syndicales, la FTQ-Construction et le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), qui ont eu mauvaise presse lors de la fermeture des chantiers, l'automne dernier, ne pensent pas que cela leur ait nui face aux ouvriers.

En entrevue avec La Presse Canadienne depuis Grand-Remous, le directeur général de la FTQ-Construction, Yves Ouellet, s'est dit «extrêmement confiant» non seulement de maintenir sa représentativité _ 43 pour cent des ouvriers, lors du scrutin de 2009 _ mais de gagner de nouveaux membres.

«Le son de cloche qu'on a, en ce moment, c'est qu'on va gagner des membres. Les autres syndicats qui ont appuyé le gouvernement, 'full planche', ça leur nuit. Les travailleurs n'aiment pas ça», a-t-il confié. Il fait référence à la loi 33 qui a notamment aboli le placement syndical dans la construction, que des organisations syndicales moins importantes ont appuyée.

«La commission d'enquête s'en vient. Mais quand ça a commencé, la loi 33, il fallait qu'ils détournent tout ça; il fallait que ce soit les méchants syndicats. Pendant qu'ils parlaient de ça, ils ne parlaient pas du financement des partis politiques et de la corruption», déplore M. Ouellet.

Donald Fortin, directeur général du deuxième syndicat, le Conseil provincial, se montre également confiant, alors que la période de maraudage commence. Il vise le maintien de son membership _ une représentativité de 26 pour cent lors du scrutin de 2009 _ et, si possible, «l'améliorer».

«Cette décision-là, pas seulement la fermeture (des chantiers), mais la réaction, elle a quand même été prise démocratiquement par les représentants de chaque association qui sont élus. Donc, on part du principe que les gens ont des mandats, qu'ils rencontrent leurs gens, et je ne croirais pas que ça va avoir un impact sur le maraudage», a-t-il opiné.

Pour la FTQ-Construction, les priorités seront la sécurité de revenu, la sécurité d'emploi et la santé-sécurité au travail. M. Ouellet pense qu'il faut prévoir dès maintenant les jours creux, lorsque l'activité diminuera dans la construction et que les ouvriers auront besoin d'un coup de pouce financier.

Le Conseil provincial, lui, mise sur sa structure et le fait qu'il a été présent lors des dernières négociations de conventions collectives avec les employeurs. Il continue aussi de contester la loi 33, estimant qu'«il n'est jamais trop tard», même si celle-ci a été adoptée, croit M. Fortin.

La nouvelle loi a changé la donne sous certains aspects. Le scrutin qui aura lieu du 4 au 25 juin se déroulera pour la première fois par la poste. Auparavant, les ouvriers qui désiraient changer d'allégeance devaient se rendre à l'un des bureaux ouverts par la Commission de la construction un peu partout au Québec.

De plus, les périodes de maraudage auront désormais lieu aux quatre ans plutôt qu'aux trois ans, comme la durée des conventions collectives, d'ailleurs.

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