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Bilinguisme exigé pour le vérificateur général: les conservateurs sont divisés

02/05/2012 02:32 EDT | Actualisé 02/07/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Le vérificateur général du Canada et autres agents du Parlement doivent-ils être bilingues dès le début de leur mandat? Le caucus conservateur est divisé sur la question.

Un projet de loi néo-démocrate a été déposé mardi pour rendre obligatoire la maîtrise des deux langues officielles pour dix postes clés au fédéral, alors que le vérificateur général actuel, Michael Ferguson, est toujours incapable de s'exprimer dans la langue de Molière.

D'une part, le député de Beauce, Maxime Bernier, juge qu'il s'agit là d'un «très bon projet de loi»; de l'autre, le ministre en charge du dossier, James Moore, le rejette catégoriquement.

Interrogé à son entrée au caucus, mercredi, M. Bernier a soutenu que dans un pays bilingue, les agents du Parlement se devaient de parler à la fois le français et l'anglais dès leur entrée en fonction.

«Je peux vous dire que personnellement, je vais l'appuyer, et je souhaite bien que mon gouvernement l'appuie», a signalé le député québécois.

Mais le ministre Moore n'a laissé planer aucune ambiguïté sur ses intentions: «on est contre», a-t-il laissé tomber.

«On n'a pas pris une position comme gouvernement, mais je suis contre ce projet de loi, parce qu'à mon avis, ce n'est pas nécessaire, il n'y a pas une grande crise», a soutenu le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles.

La nomination de l'actuel vérificateur général, Michael Ferguson, avait créé un émoi cet automne parce qu'il est unilingue anglophone. En Chambre le 3 novembre dernier, les conservateurs avaient unanimement voté pour l'embauche de M. Ferguson. Deux députés conservateurs étaient cependant absents au moment du vote: Maxime Bernier et Denis Lebel.

Vote libre?

En général, les projets de loi émanant des députés sont soumis à un vote libre. Or, l'attaché de presse du premier ministre Stephen Harper, Carl Vallée, n'a pas écarté l'idée qu'une ligne de parti puisse être imposée au moment du vote.

La stratégie des conservateurs sera révélée au moment du vote, qui ne devrait survenir que dans plusieurs mois, a précisé M. Vallée.

Le lieutenant québécois de Stephen Harper a lui aussi laissé planer le doute. «Je ne suis pas en mesure de vous dire si c'est un vote libre ou pas», a indiqué Christian Paradis, ajoutant tout de même qu'il considérait le bilinguisme comme un «atout qui est positif, qui est essentiel».

Pour le porte-parole néo-démocrate en matière de langues officielles, Yvon Godin, cette confusion montre que les Québécois au sein du cabinet Harper sont incapables de faire entendre leur point de vue.

«Ça démontre qu'ils n'ont pas de poids du tout, ils ne représentent pas le Québec, ils ne représentent pas la francophonie du Canada, ils ne sont pas capables de convaincre leur premier ministre», a-t-il déploré.

Le projet de loi rédigé par M. Godin et parrainé par la députée Alexandrine Latendresse propose qu'il soit inscrit noir sur blanc que les postes de vérificateur général, de directeur général des élections et plusieurs postes de commissaires doivent être comblés obligatoirement par des personnes bilingues.

Bloquistes et libéraux ont promis d'appuyer le projet de loi, mais le Bloc québécois n'a pas manqué de rappeler que les néo-démocrates n'avaient pas relevé l'unilinguisme de M. Ferguson lorsque son nom a circulé la première fois.

«Ça prouve totalement le manque de réflexe» du NPD sur ces questions, a fait valoir le chef bloquiste Daniel Paillé.

Les conservateurs ont pour leur part jugé qu'ils n'avaient pas de leçons à recevoir d'un parti qui avait déjà eu une chef parlant très peu français, en référence à Alexa McDonough.

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