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Une attaque contre un village syrien fait 10 morts, dont deux enfants

01/05/2012 01:26 EDT | Actualisé 01/07/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Les forces syriennes ont tiré des obus de mortier sur un village d'agriculteurs, mardi, tuant 10 personnes, dont deux enfants, ont annoncé des militants.

Le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a réclamé la fin de toutes les violences en Syrie, soulignant que les observateurs militaires de l'ONU avaient rapporté plusieurs violations du cessez-le-feu de la part du régime et de l'insurrection.

M. Ladsous a promis que 300 observateurs seraient déployés en Syrie d'ici la fin du mois pour prêter main-forte aux 24 observateurs déjà présents sur le terrain, dans l'espoir d'apaiser la situation.

L'attaque contre le village de Mishmishan, près de la frontière turque, met en évidence la vulnérabilité des civils syriens, en particulier les enfants.

Neuf des victimes étaient membres de la même famille élargie. Une douzaine de personnes ont aussi été blessées dans l'attaque, dont une majorité d'enfants, selon des militants.

Cinq obus de mortier se sont abattus sur le village vers 1 h du matin. Au lever du jour, les survivants ont recouvert les corps avec des couvertures et les ont placés dans la boîte de trois camions blancs. Des vidéos amateur montrent des centaines de personnes alignées dans une rue près des camions, en train de prier avant les funérailles.

Une haute responsable de l'ONU, Radhika Coomaraswamy, s'est dite inquiète de cette «nouvelle vague de violence extrême qui tue et blesse des enfants à travers la Syrie», en référence à l'attaque contre le village et à d'autres violences récentes.

«J'exhorte toutes les parties à éviter les tactiques aveugles qui se soldent par des décès et des blessures chez les enfants», a dit Mme Coomaraswamy, représentante spéciale du secrétaire général de l'ONU pour les enfants et les conflits armés. Elle a affirmé que plus de 34 enfants avaient été tués en Syrie depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 12 avril.

Dans une vidéo amateur tournée à Mishmishan, on voit un homme barbu se précipiter dans une clinique. En comptant sur ses doigts, l'homme affirme que l'attaque a tué sa mère, sa soeur, deux de ses frères et l'un de ses neveux.

«C'est mon fils!», crie-t-il en montrant un garçon blessé recouvert de bandages sur ses jambes, ses bras et son dos. «C'est mon frère et c'est mon neveu!», dit-il en désignant un corps dans une flaque de sang au sol et un autre homme sur une civière.

Le garçon blessé, qui serait âgé de cinq ans, selon le narrateur de la vidéo, est allongé sur le ventre et semble terrorisé par la scène qui se déroule autour de lui.

Une autre vidéo montre une jeune fille gémir quand un médecin tente de nettoyer le sang sur son visage et ses bras.

Au total, au moins 15 civils ont été tués en Syrie au cours de la journée, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, une organisation d'opposants établie à Londres.

Les 10 personnes tuées à Mishmishan comprennent une fillette de cinq ans, un garçon de sept ans, quatre femmes et un homme qui a succombé à ses blessures lors de son transport vers la Turquie pour être soigné, selon l'Observatoire.

Un adolescent de 13 ans a également été tué dans la localité voisine de Maaret al-Noman dans des tirs des forces du régime.

«Il était dans sa maison quand une balle est arrivée et l'a touché dans le cou», a déclaré un militant de la région, Fadi al-Yassin, lors d'une entrevue par Skype.

Selon les Nations unies, au moins 9000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du soulèvement contre le régime du président Bachar el-Assad, il y a 13 mois.

Un cessez-le-feu négocié par l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan, est officiellement entré en vigueur le 12 avril. Le niveau de violence a diminué depuis, mais les forces syriennes continuent d'attaquer les zones rebelles plutôt que de se retirer dans leur caserne comme l'exige le plan de sortie de crise. Les rebelles armés continuent eux aussi d'attaquer les forces gouvernementales dans des fusillades et des embuscades.

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