Des signaux de brouillage envoyés depuis la Corée du Nord ont affecté des avions civils en Corée du Sud, mais sans les mettre en danger, a annoncé mercredi un responsable sud-coréen.
"Des signaux de brouillage des systèmes GPS ont été envoyés depuis le Nord", a expliqué à l'AFP Lee Kyung-Woo, directeur adjoint de la Commission coréenne des communications.
Le ministère sud-coréen des Transports a pour sa part confirmé le brouillage mais n'a pas dit qui en était à l'origine, dans un communiqué et dans des réponses à l'AFP.
Le Nord a déjà été accusé par le Sud d'avoir brouillé le système de géolocalisation GPS, mais jamais l'effet observé sur le transport aérien n'avait été aussi important.
D'après le ministère des Transports à Séoul, 241 vols opérés par des compagnies aériennes sud-coréennes et onze vols gérés par neuf compagnies aériennes étrangères ont été affectés depuis samedi. Les autorités sud-coréennes ont prévenu les pilotes et les compagnies, a ajouté le ministère.
Kim Choon-Oh, un responsable du ministère, a précisé que le brouillage du système GPS était perceptible autour d'Incheon, le principal aéroport international de Corée du Sud, proche de Séoul.
"Les autorités recherchent l'origine" du brouillage, a-t-il expliqué à l'AFP. "Malgré ces perturbations du GPS, il n'y a pas de danger sérieux pour la sécurité des vols car les avions utilisent d'autres outils de navigation".
M. Kim a rappelé qu'un léger trouble des systèmes GPS d'avions civils avait déjà été observée l'an passé, mais d'une ampleur moins forte que cette fois-ci.
Un porte-parole de l'état-major sud-coréen n'a pas souhaité dire si le brouillage affectait également l'armée. "Nos opérations militaires se déroulent sans problème", a-t-il simplement déclaré.
En octobre 2010, le ministre sud-coréen de la Défense de l'époque, Kim Tae-Young, avait déclaré que la Corée du Nord avait importé un système russe lui permettant de brouiller la réception du système GPS jusqu'à une distance de 100 km.
En mars 2011, l'agence de presse sud-coréenne Yonhap avait affirmé que le Nord avait utilisé ses équipements de brouillage pour perturber les communications militaires du Sud, évoquant des perturbations mineures des téléphones et outils de navigation GPS d'unités militaires près de Séoul.
Les relations sont très tendues entre la Corée du Nord communiste et la Corée du Sud capitaliste, le régime de Pyongyang menaçant plusieurs fois le Sud d'"une guerre sacrée", et les diatribes sont de plus en plus virulentes depuis quelques semaines.
La semaine dernière, le régime nord-coréen a menacé "le groupe de traîtres autour de Lee Myung-Bak", le président sud-coréen, "et les médias conservateurs", promettant de "tous les réduire en cendres en trois ou quatre minutes (...) grâce à des actions sans précédent et des méthodes de notre propre style".
Pyongyang accuse notamment Séoul de s'être montré irrespectueux à son égard lors des célébrations entourant le centenaire de feu Kim Il-Sung, fondateur de la Corée du Nord, à la mi-avril. Le petit-fils d'Il-Sung et héritier de la dynastie, Jong-Un, a été hissé à la tête des principaux rouages de l'Etat, de l'armée et du parti unique concomitamment à cet anniversaire.
Le 13 avril, la Corée du Nord a en outre tiré une fusée, officiellement pour placer en orbite un satellite civil d'observation, une tentative dénoncée par les Occidentaux comme un essai de missile à longue portée. La fusée a explosé peu après le décollage.
Les Etats-Unis et leurs alliés, notamment sud-coréens, soupçonnent la Corée du Nord de vouloir sauver la face après cet échec en procédant à un troisième essai nucléaire. Les deux essais précédents, menés en 2006 et 2009, avaient suivi des lancement de fusée.
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AFPQC | Par AFP Publication: 1/05/2012 23:36 Mis à jour: 2/05/2012 10:44