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Suu Kyi au Parlement birman pour prêter son serment de députée (AFP)

01/05/2012 11:16 EDT | Actualisé 01/07/2012 05:12 EDT

La lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi est arrivée mercredi au Parlement birman pour prêter son serment de députée et mettre un terme à un bras-de-fer politique avec le régime, a constaté une journaliste de l'AFP.

L'opposante, qui a remporté son siège pour la première fois lors des partielles du 1er avril, a signé un registre de présence dans l'enceinte du parlement et devait prononcer ce bref serment dans lequel elle promettra de "sauvegarder" la Constitution, qui accorde des pouvoirs immenses aux militaires.

Suu Kyi et les autres élus de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) avaient refusé jusqu'à présent de faire cette promesse solennelle, réclamant de seulement s'engager à "respecter" ce texte de 2008, rédigé par la junte alors au pouvoir.

Mais l'opposante a fait machine arrière lundi et promis de prendre ses fonctions dans l'hémicycle, près de 25 ans après son entrée en dissidence en 1988, pour ne pas risquer une impasse avec le régime réformateur actuel.

"Nous avons toujours cru en la flexibilité dans le processus politique", a-t-elle déclaré mardi aux côtés de son invité, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. "C'est notre seul moyen d'atteindre nos objectifs sans violence."

La Constitution, adoptée par référendum juste après le passage du cyclone Nargis (138.000 morts ou disparus en 2008), arroge notamment 25% des sièges dans les assemblées aux militaires d'active.

La décision de Suu Kyi de ne pas se rendre au parlement était le premier signe de discorde entre elle et le gouvernement depuis les élections qui ont fait de la LND la première force d'opposition du parlement.

Celle de céder constitue son premier choix politique majeur de députée, après plus de 20 ans de confrontation avec les militaires, dont une majorité passée en résidence surveillée.

"Les véritables dirigeants font preuve de flexibilité pour la cause supérieure du peuple", s'était félicité Ban. "C'est ce qu'elle a fait (...) et j'admire et respecte vraiment sa décision".

Les Etats-Unis ont eux aussi salué cette décision, y voyant "un signe encourageant" de la coopération entre la LND et le gouvernement. "Nous souhaitons que ces députés nouvellement élus siègent. Nous souhaitons les voir travailler de manière constructive avec le gouvernement", a ajouté le département d'Etat.

La junte a cédé le pouvoir il y a un an à l'ancien général Thein Sein. Ce dernier, devenu président et désormais soutenu par l'Occident, a depuis multiplié les réformes, permettant le retour de Suu Kyi dans le jeu politique légal.

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