NOUVELLES

Soudans: l'ONU pourrait adopter une résolution prévoyant des sanctions

01/05/2012 03:34 EDT | Actualisé 01/07/2012 05:12 EDT

Le Conseil de sécurité de l'ONU pourrait adopter mercredi une résolution exigeant du Soudan et du Soudan du Sud qu'ils cessent immédiatement leurs hostilités et résolvent leurs différends dans un délai de trois mois, sous peine de sanctions.

Le Conseil suivrait en cela une décision prise par l'Union africaine, mais la Chine était réticente mardi à l'idée de sanctionner deux de ses partenaires économiques majeurs en Afrique, selon des diplomates.

Pékin exploite et achète depuis longtemps le pétrole du Soudan mais a veillé à développer de bonnes relations avec le Soudan du Sud.

Le 24 avril, le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine avait donné deux semaines au Soudan et au Soudan du Sud pour reprendre les négociations et trois pour les conclure. Il avait appelé l'ONU à soutenir son action en vertu du chapitre 7 de sa Charte, qui prévoit des mesures coercitives pour faire appliquer une décision en cas de menace contre la paix.

Le projet de résolution, déposé par les Etats-Unis, exige que les deux pays "cessent immédiatement toutes hostilités, y compris les bombardements aériens". Tous deux doivent aussi "ramener sans conditions toutes leurs forces armées de leur côté de la frontière" et cesser de soutenir les groupes rebelles opérant sur le territoire de l'autre.

Dans un délai de deux semaines, le Soudan et le Soudan du Sud devront retirer leurs forces de la région contestée d'Abyei. Ils devront "reprendre les négociations sans conditions" sous les auspices de l'Union africaine sur tous les points en litige, notamment le partage des revenus pétroliers et la délimitation de la frontière commune.

Ces négociations "devront être conclues dans un délai de trois mois", précise le texte.

Si elles échouent, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon devra faire rapport au Conseil dans un délai de quatre mois suivant l'adoption de la résolution.

M. Ban devra informer le Conseil tous les 15 jours de l'état d'application de la résolution et le Conseil "se déclare prêt, si l'une ou l'autre des deux parties ne se conforme pas à (ses) décisions à prendre des mesures supplémentaires appropriées selon l'article 41 de la Charte".

Cet article prévoit comme moyens de pression des sanctions économiques et la rupture des relations diplomatiques.

La résolution souligne que "la situation prévalant sur la frontière entre Soudan et Soudan du Sud représente une menace grave pour la paix et la sécurité internationales", justifiant ainsi le recours au Chapitre 7.

Selon un diplomate occidental, Moscou et Pékin ont manifesté des réticences mais "davantage les Chinois que les Russes". "Je ne pense pas qu'ils vont mettre leur veto mais ils pourraient s'abstenir", a-t-il jugé. "Il est beaucoup plus difficile (pour eux) de dire non à une demande de l'Union africaine qu'à une initiative occidentale".

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a laissé entendre lundi que la Russie ne bloquerait pas la résolution. Moscou a livré des armes au Soudan avant que l'ONU n'impose un embargo en 2005 en raison des combats dans la région du Darfour, et a également des intérêts pétroliers dans ce pays.

Khartoum et Juba sont depuis la fin mars au bord d'une guerre ouverte. Des avions soudanais bombardent régulièrement des régions sud-soudanaises frontalières. Le Soudan a accusé mardi son voisin d'avoir occupé de nouvelles zones le long de la frontière contestée.

Khartoum avait rejeté d'avance samedi dernier toute implication du Conseil de sécurité dans les efforts pour mettre fin au conflit, insistant plutôt sur le rôle de l'Union africaine.

avz/gde

PLUS:afp