Le fédéral veut vendre 40 de ses résidences officielles à l'étranger

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JOHN BAIRD
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OTTAWA - Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, ne veut pas vendre certaines des oeuvres de la collection d'art de son ministère, mais des dizaines de résidences officielles du Canada à l'étranger, où ces tableaux ont souvent été exposés, pourraient bien être vendues.

Si le ministère refuse de préciser de quels biens immobiliers il compte se défaire, des documents montrent que ses fonctionnaires ont déjà identifié 40 demeures différentes.

Cette semaine, les ambassades du Canada en Allemagne, au Japon, en Iran, en Malaisie et au Bangladesh ont annoncé la fermeture de leurs bureaux de visas. Quatre consulats aux États-Unis situés à Anchorage, à Philadelphie, à Phoenix et à Raleigh-Durham fermeront aussi leurs portes.

Cela fait partie des coupes de 168 millions $ sur trois ans aux Affaires étrangères prévues par le dernier budget fédéral. Lundi, M. Baird a toutefois annuler la vente de 22 peintures prestigieuses faisant partie de la collection d'art de son ministère.

Le budget stipulait que la vente des résidences officielles permettrait de recueillir 80 millions $, mais ne précisait pas quelles demeures étaient visées par cette mesure. Interrogée à ce sujet, la porte-parole des Affaires étrangères, Aliya Mawani, a indiqué que le gouvernement donnerait des détails au moment voulu.

Il y a déjà quelque temps que le ministère songe à se départir de certains de ses biens immobiliers. Une note de service datant de 2010, obtenue par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, montre que les hauts fonctionnaires projetaient de vendre 40 résidences afin de les remplacer par des maisons plus modestes.

Ancien ambassadeur en Suède, Lorenz Friedlaender a affirmé voir le pour et le contre de cette décision et reconnu que c'était le droit du gouvernement de faire ce genre de choix. Il a toutefois rappelé que les leaders des entreprises et des gouvernements internationaux avaient certaines attentes.

«Si vous étiez un ambassadeur étranger, inviteriez-vous un ministre canadien dans une maison située à South Keys?» a-t-il demandé, faisant référence à une banlieue anonyme d'Ottawa ponctuée de centres commerciaux. «Probablement pas.»

Derek Fraser, qui a été ambassadeur en Hongrie, en Grèce et en Ukraine, a pour sa part fait valoir que divertir les décideurs étrangers était essentiel à l'établissement de relations et à l'avancement des intérêts du Canada dans le monde.

«Une résidence officielle, c'est un lieu où vous pouvez recevoir ces gens. En l'entretenant bien et en la décorant avec des oeuvres d'art canadiennes, vous parez votre fonction d'un aura d'autorité», a-t-il affirmé.

Mais cette manière de procéder ne fait pas l'unanimité. Gregory Thomas de la Fédération des contribuables canadiens soutient qu'une certaine vieille école de pensée subsiste au sujet des ressources dont le ministère des Affaires étrangères a besoin pour fonctionner.

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