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Nigeria: raid de l'armée contre un probable repaire de Boko Haram

01/05/2012 08:45 EDT | Actualisé 01/07/2012 05:12 EDT

Les troupes nigérianes ont lancé mardi un raid à Kano (nord) sur un repaire probable du groupe islamiste Boko Haram, tuant un islamiste lié aux auteurs de l'attentat perpétré dimanche contre des chrétiens dans cette ville et en arrêtant un autre, a indiqué une source militaire.

Le général Iliasu Isa Abba, qui dirigeait cette opération, a déclaré que les suspects visés par le raid étaient liés "au groupe" qui a tué au moins 20 fidèles chrétiens qui assistaient à une messe dimanche à l'université Bayero à Kano.

"Cette opération a des liens avec les événements à l'université de Bayero. Ces personnes font partie du groupe", a-t-il assuré.

Dimanche, une attaque à la bombe et des tirs nourris pendant deux services religieux chrétiens dans l'université Bayero ont fait plus de vingt morts. Il n'y a pas eu de revendication.

Au cours du raid mené mardi à Kano, un islamiste a été tué et un autre s'est enfui. Un porte-parole des militaires a rapporté ensuite à l'AFP que ce suspect avait été arrêté.

"Nous avons arrêté le suspect qui s'était enfui. Il a été arrêté près du secteur après avoir tenté d'utiliser une femme comme bouclier", a déclaré le lieutenant Iweha Ikedichi à l'AFP.

Cette opération a démarré à l'aube lorsque des soldats de la force conjointe ont pris d'assaut un bungalow de deux pièces à Bubbugaje, dans les faubourgs de Kano.

Des soldats ont également arrêté trois femmes, dont une mère en train d'allaiter son enfant et une fillette de 3 ans, et des policiers se sont déployés autour de la maison. Ils ont également saisi des engins explosifs artisanaux, un fusil AK-47, 458 boites de munitions, 35 couteaux, deux portables, une motocyclette et un sac d'engrais.

Une des femmes arrêtées a déclaré au journaliste de l'AFP être mariée à un membre du groupe islamiste. "Je me suis mariée il y a un an (...) Je viens à peine d'apprendre que depuis peu de temps il faisait partie du groupe. Il a réussi à s'enfuir pendant l'attaque ce matin", a déclaré cette femme âgée de 18 ans.

Les responsables de la sécurité de Kano, dont le commandant de l'opération et le chef de la sécurité de l'Etat, se sont rendus sur place et ordonné la démolition de la maison où le raid a été mené.

Ils ont annoncé d'autres opérations contre des islamistes ainsi qu'un durcissement des sanctions contre les propriétaires louant leurs appartements à des inconnus.

"Partout où nous trouverons des armes de cette nature, propres à tuer des civils innocents, nous démolirons les bâtiments", a déclaré à la presse le général Abba. "Cela fera réfléchir les propriétaires qui louent à des personnes pouvant être des terroristes", a-t-il ajouté.

S'adressant aux travailleurs à l'occasion du 1er mai mardi à Abuja, le président du Congrès des travailleurs du Nigeria (NLC) Abdulwahed Omar a parlé de "maladie sociale" à propos de l'insurrection de Boko Haram.

"Depuis le 1er mai dernier, la menace grandissante de Boko Haram qui s'est manifestée par plusieurs attentats et attaques dans l'ensemble du pays, a fait des centaines de morts. (...) Les terroristes recrutent facilement en raison des conditions sociales de notre pays" a-t-il déclaré.

"Il faut que nos politiques au gouvernement soient conscients du fait que nos concitoyens ont le droit à un travail, le droit à la nourriture, le droit à l'éducation et le droit d'accès à l'électricité", a-t-il poursuivi.

"Il n'y a que ce moyen pour que l'insécurité puisse être éliminée dans notre pays", a-t-il ajouté.

Boko Haram - qui se réclame des talibans afghans et dont le nom signifie en langue haoussa "l'éducation occidentale est un péché" - a mené de nombreuses attaques, essentiellement dans le nord du pays. Ces attaques ont fait plus de 1.000 morts depuis la mi-2009.

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